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Omar Sharif, la disparition d'un acteur «beau à en mourir»

Omar Sharif et Julie Andrews dans «Docteur Jivago» de David Lean (1965)

Omar Sharif et Julie Andrews dans «Docteur Jivago» de David Lean (1965)

L'interprète de «Lawrence d'Arabie» et «Docteur Jivago» est décédé à l'âge de 83 ans.

L'acteur égyptien Omar Sharif est mort, vendredi 10 juillet, au Caire à l'âge de 83 ans. Il avait fait ses débuts au cinéma en 1954 devant la caméra de son compatriote Youssef Chahine dans Le Démon du désert. En 2004, Chahine se souvenait de sa découverte dans Libération:

«J'ai découvert Omar Sharif dans un cinéma. Il n'était rien. Je l'ai revu dans un salon de thé. Là, j'ai demandé à mon assistant d'aller lui parler. Je l'ai tout de suite voulu: il était beau à en mourir, ce n'était pas croyable de tomber sur un garçon comme ça. Il a accepté de tourner. [...] Ensuite, il m'a piqué la petite, ma copine... Elle est tombée amoureuse de sa beauté et de sa voiture rouge, c'était un gosse de riche, plein de culot et d'assurance. J'étais fou furieux. J'étais possédé par la jalousie, je voulais le tuer avec mon couteau.»

Celui qui reconnaissait, dans le même quotidien, n'avoir jamais été «gêné de jouer dans les pires navets», était lui aussi revenu sur cette rencontre:

«Chahine, ça le rendait fou. Lui, ce qu'il aime, c'est prendre un acteur et devenir son Pygmalion, vivre à travers lui. Mais ça n'a pas marché avec moi parce que je ne me suis pas soumis. Et puis, il me trouvait paresseux et il ne supporte pas ça.»

En 1962, il joue Ali ibn el Kharish dans Lawrence d'Arabie de David Lean, avec Peter O'Toole, disparu en décembre 2013. Un rôle qui lui vaudra une nomination à l'Oscar du meilleur second rôle.


Puis, en 1965, c'est Docteur Jivago, encore sous la direction de David Lean, d'après le roman du nobélisé soviétique Boris Pasternak. On voit ici la mort du personnage principal, interprété par Sharif face à Julie Andrews.


Une scène devenue célèbre, et qu'on revoit par exemple dans Palombella Rossa de Nanni Moretti, avec le cinéaste italien qui lance fiévreusement devant l'écran «Retourne-toi!».


Sharif avait aussi joué à l'écran Gengis Khan (pour Henry Levin), le capitaine Nemo (pour Juan Antonio Bardem et Henri Colpi) ou Che Guevara (pour Richard Fleischer).


En 2004, il avait obtenu le César du meilleur acteur pour Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran, de François Dupeyron.

 
En marge de ses rôles au cinéma, beaucoup se souviendront aussi de lui comme le visage du tiercé à la télévision française.
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