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Helmut Kohl est mort la nuit dernière (pendant 102 secondes)

Helmut Kohl, le 26 juin 2013. REUTERS/Thomas Peter.

Helmut Kohl, le 26 juin 2013. REUTERS/Thomas Peter.

«URGENT. Helmut Kohl est mort. Le chancelier de l'unité allemande est mort. Kohl est décédé dans la nuit de vendredi à l'âge de 85 ans. Plus d'informations prochainement.» Voilà la bannière sur fond rouge qui est apparue dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 juillet, vers minuit et demi, sur la page d'accueil du site du quotidien allemand Die Welt. Or, l'ex-chancelier allemand est bel et bien vivant, même s'il a encore eu récemment des soucis de santé qui ont tenu en haleine la presse allemande durant quelques jours. Suite à une mauvaise chute qui a provoqué un traumatisme crânien, Helmut Kohl est en fauteuil roulant depuis 2008 et a des difficultés d'élocution. En juin dernier, l'hebdomadaire Der Spiegel avait révélé qu'il avait été placé en soins intensifs suite à une opération de la hanche et de l'estomac.

Concernant l'annonce de Die Welt, il s'agissait en fait d'une «erreur technique regrettable», s'excuse aujourd'hui la rédaction du quotidien, qui s'est empressée de retirer l'intox à peine 102 secondes après sa mise en ligne. Cette dépêche avait été préparée à l'avance de manière à se montrer le plus réactif possible le jour où l'artisan de la réunification des deux Allemagnes mourra pour de vrai. Une pratique courante dans la presse, qui consiste à écrire la «nécro» d'une personnalité des mois et même souvent des années avant son décès: pragmatique, même si on peut y voir un certain cynisme.

Mais même si la bourde est restée moins de deux minutes en ligne, il était déjà trop tard: l'agence de presse allemande dts s'est ruée tête baissée sur l'intox, dont elle fait une dépêche. Quelques minutes plus tard, plusieurs sites d'informations économiques la reprenaient à leur tour, eux non plus sans la vérifier, l'«affaire» provoquant de nombreuses railleries sur Twitter, comme le montre le magazine spécialisé allemand Meedia.

La rédaction de Die Welt explique platement comment l'erreur a pu se produire en raison de l'adoption d'un nouveau système éditorial, avant de faire référence à celle commise récemment par la BBC:

«Les collègues de la BBC viennent de faire l'expérience de la vitesse à laquelle une telle erreur peut être commise lorsqu'ils ont annoncé le décès de la reine en juin dans le cadre d'un "exercice technique concernant les nécrologies".»

Une bourde qui n'est pas sans rappeler non plus celle commise au mois de février 2015 par l'AFP quand elle a annoncé à tort la mort de Martin Bouygues, et dont Le Monde avait décortiqué la genèse.

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