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Le FBI veut que les entreprises tech se laissent davantage espionner

Des ordinateurs portables. REUTERS/Dado Ruvic

Des ordinateurs portables. REUTERS/Dado Ruvic

Whatsapp est notamment dans le viseur du service de renseignement intérieur américain.

James Comey est le directeur du FBI. James Comey n'aime pas que le FBI ne puisse pas avoir accès à ce qu'il veut. Et ce qu'il veut, c'est pouvoir avoir accès à votre téléphone si besoin.

Ce mercredi, raconte le Guardian, le directeur du FBI a répété devant des sénateurs du comité sur le renseignement que «la menace posée par l'État Islamique méritait un"débat" sur la limitation du chiffrement commercial –le pilier de la sécurité numérique– et ce malgré les critiques des experts techniques qui estiment qu'affaiblir le chiffrement serait une aubaine pour les hackers, cybercriminels, espions étrangers et terroristes».

Pour le directeur du FBI, le chiffrement de bout en bout de Whatsapp pose notamment problème, puisque même Whatsapp ne peut avoir accès aux conversations n'ayant pas les clés pour déchiffrer les messages. Si le FBI exige de l'entreprise de lui fournir le contenu des conversations, elle en est normalement incapable.

Le bras de fer est engagé

Dans un édito publié sur le site du Guardian, Trevor Timm, directeur adjoint de la Freedom of the Press Foundation, résume la situation ainsi:

«Le FBI ne veut pas que les entreprises du monde de la technologie fragilisent le chiffrement. Le directeur veut juste que tout fabriquant d'appareils et de logiciels se porte volontaire pour créer des backdoors pour que le gouvernement puisse espionner les Américains.»

Comme l'explique Gizmodo:

«Comey souhaite que les autorités puissent avoir un moyen d'accéder aux messages, fichiers et autres informations envoyées en utilisant des services qui utilisent le chiffrement comme mesure de sécurité. Les entreprises du monde de la technologie comme Apple et Google disent qu'il est impossible de donner une porte d'entrée au FBI sans compromettre l'intégralité du système, mais Comey n'y croit pas.»

Engadget souligne en effet que de nombreux experts pointent du doigt les inconvénients de laisser délibérement des backdoors.

«L'une des critiques les plus importantes porte sur le fait que cela ouvre de nouveaux trous de sécurité, ce qui rend tout le monde plus vulnérable, dont le gouvernement lui-même. Par exemple, une entreprise fournit des outils utilisés par la NSA pour surveiller les citoyens américains et le gouvernement se fait lui-même hacker –comme cela a été le cas récemment–, cela deviendrait un cauchemar au niveau de la sécurité si ses applications tombaient entre de mauvaises mains.»

Une supervision appropriée?

L'autre critique, rappelle le site spécialisé, c'est le risque de laisser les agences de renseignement aller trop loin. Le directeur du FBI a beau affirmer que ceci ne se produirait que «dans des circonstances appropriées et avec une supervision appropriée», on a pu voir avec les révélations Snowden qu'en réalité, ce n'était pas vraiment le cas.

Ce n'est pas la première fois que James Comey fait cette demande. Comme le racontait l'AFP à la fin du mois de septembre 2014, il avait déjà largement critiqué la politique de protection de données proposée par Apple (iOS) et Google (Android):

«Il a insisté sur le fait que les forces de l'ordre devaient pouvoir avoir accès au téléphone portable d'un kidnappeur d'enfant et à son contenu après l'obtention d'un mandat. Le chef du FBI a estimé que dans "l'ère post-Snowden", c'était "une indication" que certaines entreprises allaient "trop loin".»

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