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«Alright», la force de frappe de Kendrick Lamar dans le texte

Capture d'écran du clip «Alright».

Le nouveau clip du rappeur américain est un des plus beaux vu cette année. En bonus, on vous traduit les paroles.

Avec Alright, Kendrick Lamar a sorti un des plus beaux clips vus cette année. Au-delà de l'aspect esthétique, peu de gens sont revenus sur la puissance de l’écriture de ce jeune rappeur de 28 ans, qui a sorti en mars dernier son troisième album To Pimp A Butterfly, un monument du genre. Pour son nouveau clip, Kendrick Lamar a pourtant collé en ouverture, avec beaucoup d’à propos, des paroles extraites de plusieurs autres titres du disque, notamment «Mortal Man», avant d’enchaîner sur le single proprement dit. Un texte que l'on vous traduit ici:

Je me souviens que tu étais embrouillé 
Tu utilisais ton influence de traviole, et moi aussi parfois
J’abusais de mon pouvoir plein de rancœur
Rancœur qui se transformait en dépression profonde
Je me retrouvais à hurler dans la chambre d’hôtel
Je voulais pas m’autodétruire
Les maléfices de Lucy m’entouraient
Alors je me suis enfui pour trouver des réponses
Jusqu’à trouver mon havre de paix
J’essayais de me convaincre que moi aussi j’avais des galons
Il me fallait retrouver mes fondations
Mais alors que mes proches continuaient de prendre part à cette guerre urbaine sans fin,
Je m’engageais dans une nouvelle bataille
Une guerre à base d’apartheid et de discrimination
Tu m’attends ma maman nigga [le nègre. Insulte que les noirs se sont appropriée, absolument inacceptable dans la bouche de non-noirs]
Je serai le meilleur à faire ce que je fais
Ce que ma maman n’aime pas
Tous ces potes du quartier décédé
Et Sounwave monte le son nigga
Monte le son
Sounwave, monte le son nigga
Dis-moi quel enculé de nigga me déteste
Laquelle veut me sauter, mais cette bite n’est pas gratuite
To Pimp a Butterfly, un nouveau classique
La comptine du ghetto pour tous les MC
Nigga, repose en paix
Mon zèle a pour seul but d’écrire ton eulogie

Toute ma vie j’ai dû me battre, nigga.
Toute ma vie... [Référence à La couleur Pourpre, d’Alice Walker, où le personnage de Sofia, incarné à l’écran par Oprah Winfray (elle-même véritable symbole de la violence dont sont victimes les femmes noires aux États-Unis) dit: «All my life I had to fight.»]
Des moments difficiles, genre « Seigneur!»
Des bad trips genre, «Seigneur!»
Nazareth, j’suis bousillé
Mon pote t’es bousillé
Mais si Dieu nous prend sous son aile
Alors tout ira bien

Refrain
Nigga, ça va aller
Nigga, ça va aller
Ça va aller
Tu m’entends, tu me sens? Ça va aller
Nigga, ça va aller
Hein? Ça va aller
Nigga, ça va aller
Tu m’entends, tu me sens? Ça va aller.

Hé, et quand je me réveille
Je comprends que tu me reproches la baisse de salaire
Mais en douce on te mate de la tête aux pieds [face down : c’est aussi une référence aux policiers qui allongent les suspects sur le ventre pour les menotter]
Quel Mac 11 explose avec les basses en sourdine
Combine! Laisse-moi te raconter ma vie
Les antalgiques ne font que m’envoyer dans un crépuscule
Où les jolies chattes et Benjamin [Franklin, sur les billets de 100 dollars] sont les stars
Dis à maman que je l’aime mais j’suis comme ça, le Seigneur le sait,
Y en a 20 comme eux dans ma Chevy, dis-leur tous de venir me chercher
Récolter tout ce que je sème, que mon karma se réalise
Pas d’audience préliminaire au paradis,
Alors mon casier [judiciaire] et mon putain de gang peuvent rester silencieux à la barre
Dis au monde que je sais qu’il est trop tard
Les putes, les filles, je crois que je suis dingue
Noyé dans mes vices toute la journée
Crois-moi je t’en prie quand je dis

Quand tu sais
On nous a blessés, mis à terre déjà
Nigga, quand ma fierté était humiliée
Je regardais le monde en disant genre «On va où, nigga?»
Et on déteste les flics
Veulent nous tuer dans la rue, c’est sûr
Nigga, je suis devant la porte du prêtreµ
J’ai les genoux qui tremblent, et mon flingue va peut-être partir
Mais ça va aller

Refrain
Nigga, ça va aller
Nigga, ça va aller
Ça va aller
Tu m’entends, tu me sens? Ça va aller
Nigga, ça va aller
Hein? Ça va aller
Nigga, ça va aller!
Tu m’entends, tu me sens? Ça va aller.

Tu veux quoi, une maison, une bagnole?
40 acres et une mule, un piano, une guitare ?![pendant la guerre de Sécession, certains esclaves noirs croyaient qu’une fois libérés ils auraient droit à 40 acres, soit 16 hectares de terre, et une mule pour les cultiver. Dans les faits une fois affranchis très peu d’entre eux reçurent des terrains].
N’importe quoi, tu vois je m’appelle Lucy, je suis ton chie
[dog en anglais, soit l’anagramme de God, tout comme Lucy est une référence à Lucifer]
Connard, tu peux vivre au centre commercial
Je peux voir le diable, je le vois bien quand c’est illégal,
J’y pense pas, je dépose un zéro sur deux à la banque
En pensant à ma copine, j’mets la peinture qui brille [jeu de mot candy paint: laque pour voiture mais candy en argot c’est aussi la dope ou le sexe] sur la Regal
J’fouille dans ma poche, c’est pas assez de thunes pour te nourrir
C’est ma logique de chaque jour, trouve un dollar de plus pour te garder
Aux côtés de ton chico [mec]...ah !

J’en parle pas, j’y suis, tous les jours j’vois des trucs cool
Si j’en ai alors tu sais que t’en as, le paradis, je peux t’atteindre
Chienchien, chienchien, chienchien, mon chien, c’est tout
Détends-toi et discute, je deale pour vous tous
Je rappe, chuis un black bien dans les clous, t’inquiète
Ce que je fais de bien et de mal, c’est ok jusqu’à ce que je sois réglo avec Dieuµ

Quand tu sais
On nous a blessés, mis à terre déjà
Nigga, quand ma fierté était humiliée
Je regardais le monde en disant genre «On va où, nigga?»
Et on déteste les flics
Veulent nous tuer dans la rue, c’est sûr
Nigga, je suis devant la porte du prêtre
J’ai les genoux qui tremblent, et mon flingue va peut-être partir

Mais ça va aller
Nigga, ça va aller
Nigga, ça va aller
Ça va aller
Tu m’entends, tu me sens? Ça va aller
Nigga, ça va aller
Hein? Ça va aller
Nigga, ça va aller
Tu m’entends, tu me sens? Ça va aller.

Je garde la tête droite
Croix de bois croix de fer si je mens je vais en enfer
M’aimer c’est compliqué
Trop peur, ça change tout le temps
Moi ça va, et tu es mon chouchou
Des nuits noires dans mes prières

Je me souviens que tu étais embrouillé
Tu utilisais ton influence de traviole, et moi aussi parfois
J’abusais de mon pouvoir plein de rancœur
Rancœur qui se transformait en dépression profonde
Je me retrouvais à hurler dans la chambre d’hôtel
Je voulais pas m’autodétruire
Les maléfices de Lucy m’entouraient
Alors je me suis enfui pour trouver des réponses

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