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Les singes se cachent pour souffrir (dans les laboratoires)

Macaque à toque Muhammad Mahdi Karim via Wikimedia CC License by

Macaque à toque Muhammad Mahdi Karim via Wikimedia CC License by

Le nombre d'expérimentations sur les primates a augmenté aux États-Unis ces dernières années. Dans la plus grande opacité.

Couple orageux, science et éthique entretiennent un dialogue aussi vif que permanent. Quand on en arrive au chapitre des expérimentations animales, le débat prend un tour d’autant plus épineux…et douloureux, remarque BuzzFeed News.

L’enquête que propose le site étudie l’augmentation, aux États-Unis, du nombre de test menés sur des singes en laboratoires ces dernières années pour observer l’effet de bactéries virulentes ou d’épidémies sur un organisme particulièrement proche de l’homme et essayer de trouver un moyen de les contrer. Le tout dans une grande opacité. Le problème c’est que cette proximité du singe et de l’homme implique aussi que le primate ressent la souffrance comme l’être humain l’éprouve.

Un recours trop systématique?

L’article rappelle cependant que l’expérimentation sur les singes peut se révéler très utile dans certains cas. Étudier les singes est ainsi d’une grande aide selon les scientifiques pour mieux comprendre les symptômes du virus Ebola. 

Cependant, le bât blesse en plusieurs endroits: systématiser le recours au primate dans les laboratoires américains est une mauvaise idée dans la mesure où les réactions de celui-ci, après qu’on lui a inoculé différentes maladies et traitements, ne fournissent pas toujours des données fiables au moment de transposer l’expérience sur l’homme. En 2006, six hommes en bonne santé ont ainsi reçu un traitement contre l’arthrite, testé auparavant sur un singe. Tous ont rencontré des complications, et un d’entre eux a été transféré en soins intensifs.

Soulager la douleur

Mais là où la chose prend toute sa dimension éthique c’est dans le fait que certains singes voient des microbes particulièrement violents être diffusés dans leurs corps sans que des médicaments viennent adoucir en totalité leurs maux. Il s’agit des spécimens concernés par les expériences dites de «colonne E» selon la dénomination en vigueur dans le monde scientifique et les entreprises médicales américaines. Le nombre des singes malheureusement prisonniers de cette colonne a fait plus que doublé depuis 2002 et s’élève aujourd’hui à plus de 1.400 par an depuis six ans. 

Dans le cas où les chercheurs utilisent des singes pour faire avancer leurs recherches et ce sans leur délivrer les produits nécessaires pour éteindre les douleurs provoquées, le laboratoire dont ils dépendent doit justifier, devant les autorités américaines, que les médicaments fausseraient une expérience visant le bien public. La nature de ces justifications reste opaque d’autant plus que les sociétés contactées par BuzzFeed ont refusé de répondre.  

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