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Avant son discours devant Tsipras, Guy Verhofstadt amusait déjà la galerie au Parlement européen

Guy Verhofstadt. Viencent Kessler/REUTERS

Guy Verhofstadt. Viencent Kessler/REUTERS

L'ancien Premier ministre belge est coutumier des invectives, telle cette harangue véhémente jetée au visage du Premier ministre grec à Strasbourg, le 8 juillet. La preuve en vidéos.

Le 8 juillet, le Premier ministre grec Alexis Tsipras s’exprimait devant le parlement européen de Strasbourg. Il s’agissait pour lui de dialoguer avec les principaux personnages des instances européennes, comme Donald Tusk, président du Conseil européen, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, et différents parlementaires. Pour Guy Verhofstadt, leader du groupe de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE), c’était surtout l’occasion de passer ses nerfs sur le chef du gouvernement hellène.

Sa diatribe a été amplement partagée sur les réseaux sociaux et sur YouTube où les différentes vidéos la retranscrivant ont déjà cumulé environ quatre cents mille vues, ce qui n’a peut-être pas manqué de faire plaisir à l’ancien Premier ministre belge, s'amuse un billet d'humeur paru dans L’Avenir.net. Dans un moment assez touchant, il reproche à Tsipras de ne pas avoir mis fin «aux privilèges» dans son pays, et d’«utiliser le système européen», alors que lui-même cumule une dizaine de mandats (jusqu’à quinze en 2013 dont sept rémunérés) et perçoit 230.000 euros par an en-dehors de ses revenues parlementaires.

 

Le Verhofstadt circus

Mais ce qui pourrait apparaître comme un coup de sang inconsidéré et peu soucieux de son cas personnel est, au contraire, une recette bien éprouvée. Quelques jours avant le début de l’épreuve de force entre la Grèce et ses créanciers, Guy Verhofstadt s’enflammait au sujet du paysage économique de la péninsule, et appellait à y éteindre le clientélisme et la corruption. La chorégraphie de ce 24 juin 2015 était en tout point la même que celle du 8 juillet. 

Pour divertissantes qu’elles soient, les facilités oratoires confinent parfois à la légèreté dans le discours

Au risque de brasser de l’air, il multiplie les moulinets avec ses grands bras, malmène sa respiration en rompant ses montées dans les aigus de brutales descentes dans les graves. Et, si Miles Davis jouait parfois dos à son public, si les pirouettes conduisent les ballerines à se détourner de leur l'audience un instant, Guy Verhofstadt, poussé par le souffle de sa pensée, s'écarte bien souvent du micro afin de se retourner pour interpeller ses collègues. 

 

Pour divertissantes qu’elles soient, les facilités oratoires confinent parfois à la légèreté dans le discours d’un homme politique. Fin 2012, le britannique Nigel Farage, alors leader du parti eurosceptique Ukip, s’en prenait à «la bureaucratie européenne destructrice d’emplois» qu’il appelait à remplacer par un curieux et très anglais alliage du souverainisme et de libéralisme économique. Il évoque aussi le gaspillage financier représenté par les hauts salaires distribués dans les instances européennes selon lui. Guy Verhofstadt, énervé par les réserves de Farage sur l’Europe, ne lui répond rien d’autre que ceci: «Pour moi, le plus grand gâchis de l’Union européenne, c’est le salaire que nous versons à Nigel Farage.»

 

Pour finir, il n’y a pas qu’Alexis Tsipras qui ait dû soutenir du regard le doigt accusateur que Verhofstadt pointait dans sa direction. Viktor Orban, dont le régime est souvent taxé d’entraîner la Hongrie qu’il dirige dans une dérive autoritaire, a connu cette même situation, en juillet 2013. 

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