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La France attire beaucoup moins les Grecs que l'Allemagne

Le Stade panathénaïque à Athènes. REUTERS/Alkis Konstantinidis

Le Stade panathénaïque à Athènes. REUTERS/Alkis Konstantinidis

Alors que depuis plusieurs années, ils affluent en Australie, aux États-Unis ou en Allemagne, leur faible présence en France constitue un indice relativement clair de la faible attractivité économique du pays.

On recense plus de 6 millions de Grecs émigrés dans le monde et, si la diaspora grecque est un phénomène ancien, la crise que subit le pays depuis 2008 a intensifié les départs à l’étranger, notamment chez les jeunes. Selon le site Euractiv, un demi-million de Grecs ont quitté leur pays depuis 2007-2008 – ils sont au moins 300.000 selon le site New diaspora, consacré à l'étude de cette nouvelle émigration grecque. La situation d'instabilité actuelle fait craindre une intensification de l'exode, notamment une fuite des cerveaux chez les jeunes, les plus qualifiés étant les plus mobiles.

Melbourne, en Australie, serait déjà la ville qui compte le plus de Grecs après Athènes et Thessalonique et, selon l’AFP, «l'ambassade de Grèce en Allemagne estime à plus de 120.000 le nombre de jeunes Grecs qui ont posé leurs valises, souvent pleines de diplômes, à Berlin ou Stuttgart depuis le début de la crise».

En France, 50.000 personnes

Si la France semble se montrer digne d’une vieille tradition philhellène, son territoire attire beaucoup moins les Grecs que les États-Unis, l'Australie et nos voisins de l’Union. Certains de ces jeunes diplômés partis chercher du travail hors de leur pays d'origine sont bien présents en France, mais le phénomène n'est pas aussi massif que dans d'autres destinations.

On estime, selon l'Ambassade grecque en France, la population grecque sur le territoire à environ 50.000 personnes, même si on admet que ce nombre a du beaucoup évoluer depuis le début de la crise financière. Mais comme, d'une part, les citoyens des membres d'un État de l'Union européenne circulent librement au sein de l'espace Schengen et que, par ailleurs, les citoyens grecs n'ont pas l'obligation de s'enregistrer à l'Ambassade ou au consultat à leur arrivée en France, il reste difficile d'évaluer les flux de population. Mais tout porte à croire qu'ils ne sont pas très nombreux en comparaison de nos voisins.

Tensions xénophobes

Selon les chiffres récents de l’Insee (une analyse publiée en 2014 sur les entrées en 2012), «parmi les immigrés entrés en France en 2012, près d’un sur deux est né dans un pays européen [...]». Or, les nationalités européennes les plus présentes sont les Portugais, suivis, par ordre décroissant de population, des Britanniques, des Espagnols, des Italiens, des Allemands, des Roumains et des Belges... Mais nulle trace des Grecs dans ce classement.

Les immigrés récemment arrivés en France. Insee Première N° 1524 - novembre 2014

Certes, la population grecque ne se monte qu'à environ 10,8 millions d'habitants, mais cela n’explique pas tout. En comparaison, si les Turcs sont de loin la première nationalité d’expatriés en Allemagne, les Grecs sont tout de même la sixième population étrangère du pays. Une immigration soutenue notamment à Berlin, qui a provoqué quelques tensions xénophobes entretenues par la presse tabloïd

En Allemagne, un expert estimait à 60.000, rien que pour l'année 2012, le nombre de nouveaux immigrés grecs dans le pays

Et qui continue d'attirer de nouveaux candidats même si, comme le notait le quotidien allemand Der Spiegel en 2012, certains médias à Athènes ont dépeint, au plus fort de la crise grecque, les Allemands comme des nazis et des impérialistes prêts à laisser le peuple grec se saigner jusqu'à la mort. À la même époque, un expert de l'immigration en Allemagne estimait à 60.000, rien que pour l'année 2012, le nombre de nouveaux immigrés grecs dans le pays.

La nationalité des étrangers en Allemagne. 2014

Si les Grecs ne considèrent pas la France comme une destination de premier plan pour l’émigration économique, c’est sans doute parce que le pays est lui-même en train de se vider de ses habitants, à tout le moins qu'il subit lui aussi une expatriation d'une partie de ses jeunes. Selon Eurostat, les pays qui ont connu en 2013 la plus forte émigration de leurs citoyens sont dans l’ordre décroissant l’Espagne, le Royaume-Uni, la France, la Pologne et l’Allemagne. Même si la France, dont les habitants sont traditionnellement moins enclins à l’émigration, est encore loin de l’hémorragie selon les dernières données disponibles. Beaucoup plus de Britanniques, d’Italiens et d’Allemands s’expatrient.

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