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La réalité virtuelle tente une immersion du côté de la philanthropie

Le Morpheus de Sony (REUTERS/Kevork Djansezian)

Le Morpheus de Sony (REUTERS/Kevork Djansezian)

Diverses expériences sont menées pour tenter d'accroître notre empathie envers les victimes de catastrophes humanitaires.

Afin de sensibiliser les philanthropes aux malheurs des gens qui vivent loin d'eux, les humanitaires ont une nouvelle stratégie: utiliser des techniques de réalité virtuelle pour plonger les potentiels donateurs dans la misère des autres.

Une journaliste de la radio NPR raconte avoir utilisé un casque de réalité virtuelle pour regarder un film sur l'impact du tremblement de terre d'avril 2015 au Népal. Elle a ainsi pu déambuler au milieu des maisons en ruine, et côtoyer des habitants qui déblayent les débris et font la queue pour obtenir un peu de nourriture. Après quatre minutes, l'actrice Susan Sarandon indique un site Internet à visiter pour donner de l'argent. 

Au cœur d'un camp de réfugiés en Syrie

Selon David Darg, le réalisateur de la vidéo, le fait de se retrouver en plein milieu de la catastrophe augmente l'empathie envers les victimes. Pour faire le film, il est allé au Népal avec une caméra spéciale, constituée de 6 petits objectifs qui filment à 360 degrés. 

Sans casque de réalité virtuelle, on peut utiliser sa souris pour faire bouger l'écran et explorer les scènes post-séisme.

 

De même, afin d'attirer l'attention sur la catastrophe humanitaire en Syrie, les Nations Unies ont récemment présenté un film en réalité virtuelle dans lequelle une jeune syrienne raconte son quotidien et nous fait visiter le camp de réfugiés dans lequel elle vit.

Quand vous êtes assis dans sa chambre et que vous la regardez, vous ne la voyez pas à travers un écran, vous êtes assis à côté d'elle

«Quand vous êtes assis dans sa chambre et que vous la regardez, vous ne la voyez pas à travers un écran, ni à travers une fenêtre, vous êtes assis à côté d'elle. En regardant vers le bas, vous êtes assis sur le même sol qu'elle. Et grâce à ça, vous ressentez plus de compassion. Vous avez plus d'empathie pour elle», expliquait Chris Milk, le réalisateur du film. 

Un nouveau champ de recherche

Très optimiste, il pense que la machine à réalité virtuelle peut «changer les mentalités», et il a notamment montré le film à des décideurs et des milliardaires lors du Forum économique mondial à Davos.

À l'université de Stanford, le laboratoire Virtual Human Interaction étudie déjà l'impact de ces nouvelles techniques. Son directeur, Jeremy Bailenson, expliquait à NPR que le fait de se mettre à la place de quelqu'un via la réalité virtuelle peut modifier la façon dont on pense.

«En général, quand nous faisons ces études, nous trouvons que le fait d'avoir l'expérience d'une situation produit plus d'empathie que le fait d'imaginer ou de regarder cette situation.»

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