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Varoufakis et sa moto, c'était classe... pas comme Hollande et son scooter

Yanis Varoufakis après sa démission du gouvernement, à Athènes (REUTERS/Jean-Paul Pelissier)

Yanis Varoufakis après sa démission du gouvernement, à Athènes (REUTERS/Jean-Paul Pelissier)

La sortie spectaculaire de l'ex-ministre grec des Finances ne laisse pas de marbre la presse allemande. Qui en profite pour brocarder le président français.

Plus que le «Minister No More!» lâché hier sur Twitter par Yanis Varoufakis pour annoncer sa démission, c'est le départ de l'ancien ministre des Finances grec qui a retenu l'attention de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, tant il semblait mis en scène. Yanis Varoufakis, l'homme à la moto, enfourchant sa fameuse Yamaha, sa femme montant à l'arrière, sans casque, ses cheveux blonds au vent:

«C'est un brusque moment de fuite et de libération à la fois. L'homme politique s'est une fois encore mis en scène comme un routard qui n'a jamais vraiment été à la maison, un homme qui considère que le voyage importe plus que la destination.»

L'ancien ministre grec au style baroudeur ne joue pas dans la même cour que François Hollande, l'homme au scooter, estime Der Spiegel:

«Le public aimait l'attitude frappante de Yanis Varoufakis: son blouson en cuir, la chemise qui sortait toujours un peu du pantalon, et puis surtout sa moto. François Hollande filait autrefois en douce à bord d'un scooter pétaradant pour se rendre chez son amante; Varoufakis faisait gronder chaque jour une Yamaha devant le ministère des Finances. L'un n'était qu'un chef d'État ayant une aventure effarouchée, l'autre un homme politique et une rockstar.»

Rambo à la sauce Matrix

Lors de sa tournée européenne au mois de février 2015, l'hebdomadaire estimait déjà que Downing Street s'était «transformée en catwalk» lors de son passage à Londres, et analysait ainsi son style vestimentaire:

«Le noir domine chez Varoufakis, c'est l'expression de la simplicité mais aussi la couleur de l'anarchisme. Lors de la rencontre avec Osborne et Schäuble, il portait du bleu. Bleu comme le drapeau de son pays natal, bleu comme le fond sur lequel les étoiles du drapeau européen forment un cercle. La chemise dépasse, un signe d'urgence: Varoufakis n'a pas de temps à accorder à son allure. Le manteau de cuir réveille à la fois le souvenir de Neo, de la trilogie Matrix, l'élu non-conformiste qui se bat contre l'ordre mondial contrôlé par des ordinateurs, et celui d'un simple videur, qui est là pour assurer l'ordre. Les chaussures épaisses de Varoufakis suggèrent qu'il veut se rendre sur un terrain dangereux.»

À l'occasion du départ de l'ex-ministre grec, le quotidien Die Welt, qui parlait de lui comme d'une «icône sexuelle» il y a quelques mois, publie lui un diaporama sous le titre «Adieux d'une popstar», tandis que Die Tageszeitung titre: «C'en est fini du rôle de Rambo». Et Der Spiegel de conclure:

«Sur un plan politique, Varoufakis est un pion sacrifié par le gouvernement Tsipras. Sur un plan iconographique, il est toujours une popstar.»

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