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En Nouvelle-Zélande, troller sur Internet n'est plus jouer

Troller en bibliothèque Quinn Dombrowski via Flickr CC License by

Troller en bibliothèque Quinn Dombrowski via Flickr CC License by

Une loi aux contours flous contre le cyberharcèlement vient d'être votée. Les contrevenants risquent de fortes amendes et des peines de prison.

Oui aux hobbits, non aux trolls. Les facéties en ligne seront désormais punies en Nouvelle-Zélande où 116 députés contre cinq ont voté la loi sur «les communications digitales blessantes» (ou Harmful digital communications bill), signale The Register. Si les mesures du texte visent à réprimer le cyberharcèlement, la définition donnée à celui-ci est suffisamment large pour que tout, de la persécution caractérisée à la simple blague de mauvais goût, puisse éventuellement être ciblé. Le délit revient, en effet, à causer «une détresse émotionnelle sérieuse» en envoyant des messages ou images numériques.

Les dispositions votées sont résumées dans National Business Review: le texte de loi concerne les messages à caractère raciste, sexiste, ou intolérants de la religion d'autrui. Et ça peut aller loin pour les contrevenants! L’amende peut monter jusqu’à 50.000 dollars néo-zélandais (30.000 euros) pour les particuliers et 200.000 pour les personnes morales (120.000 euros). Les fautifs s’exposent à une peine de prison de deux ans, ou trois en cas d’incitation au suicide. C'est le fait de pousser à se donner la mort qui importe ici et il n’est pas nécessaire que cet «encouragement» malveillant aboutisse à une tentative de suicide.

En France, jusqu'à 75.000 euros d'amende et cinq ans de prison

Les contenus incriminés retirés des réseaux sociaux sous quarante-huit heures

Une agence sera  mandatée pour retirer les contenus incriminés sous quarante-huit heures sur les réseaux sociaux, un espace des plus sensibles. Mais les réserves principales autour de cette loi sont doubles: tout d’abord, l’un des interlocuteurs du National Business Review estime qu’elle autorise les poursuites contre tout individu au-dessus de 14 ans. Enfin, la frontière séparant la liberté d’expression des discours haineux est parfois très ténue.

Les mesures anti-harcèlement néo-zélandaises vous paraissent trop dures? Sachez qu’en France, vous n’êtes pas situés à meilleure enseigne, informait FranceTvInfo. Une insulte sur Facebook ou Twitter peut revenir à 12.000 euros pour le grossier personnage, voire 22.500 si l’injure cible la race ou l’orientation sexuelle de la victime. Une personne convaincue de harcèlement devra quant à elle s’acquitter de 75.000 euros d’amende et pourra éventuellement passer cinq ans derrière les barreaux. 

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