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Un homme a perdu la mémoire après être allé chez le dentiste

À certains égards, le processus de formation des souvenirs est encore flou | Le vent le cri via Flickr CC License by CC

À certains égards, le processus de formation des souvenirs est encore flou | Le vent le cri via Flickr CC License by CC

William est incapable de se souvenir d’une nouvelle chose pendant plus d'une heure et demie. A l'exception du décès de son père.

Qu’est-il arrivé à William il y a maintenant dix ans? Ce soldat britannique et père de deux enfants, qui semblait en parfaite santé, a perdu la mémoire le 14 mars 2005, après un banal rendez-vous chez le dentiste pour une dévitalisation. Son cerveau est intact, et aucun des multiples scanners et tests effectués sur lui n’ont réussi à montrer la moindre lésion. 

Pourtant, William est désormais incapable de se souvenir d’une chose pendant plus de quatre-vingt-dix minutes. Si on ne lui rappelle pas, il imagine que ses enfants ont toujours 8 et 11 ans, et pas les dix ans de plus qu’ils ont pris entre-temps. Comme si l’encre des souvenirs refusait de s’imprimer dans son cerveau. La seule donnée que le Britannique a intégré de manière pérenne lors de cette dernière décennie est la mort de son père, même s'il n'a pas en tête les circonstances exactes.

Ce cas énigmatique, qui n'est pas sans rappeler le scénario du film Memento, questionne aujourd'hui notre manière d'appréhender le cerveau, rapporte le site de la BBC qui détaille l'histoire.

Les souvenirs sont-ils quelque part?

Principal suspect: le processus de fabrication de protéines par les synapses, qui permet de consolider les souvenirs

Dans le cas de William, les médecins ont d’abord supposé qu’il s’agissait d’une hémorragie, mais n’ont rien trouvé. Aucune partie de son cerveau n’avait été atteinte, au contraire d'Henry Gustav Molaison, un patient devenu amnésique à la suite d'une opération chirurgicale en 1953 et l'un des cas de référence pour les pertes subites de mémoire. William n'aurait pas non plus connu de trauma.

Gerald Burgess, le psychologue qui s’occupe de lui et a publié récemment un papier scientifique sur le sujet dans la revue PubMed, suspecte une autre cause: le processus de fabrication de protéines par les synapses, qui permet de consolider les souvenirs dans le temps. Mais, pour l'heure, il n'en a pas la confirmation.

En attendant, le cas de William donne du grain à moudre aux adeptes de la théorie de Bergson, exposée dans Matière et mémoire (1896), selon laquelle les souvenirs ne sont logés nulle part, et l’esprit ne serait pas réductible à la matière. Gerald Burgess espère, lui, que la médiatisation de son cas permettra de faire naître de nouvelles théories. Cinq autres exemples de perte de mémoire sans lésions cervicales sont recensés par la littérature médicale.

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