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Si vous allez aux rattrapages du bac, voilà ce qu'il faut faire

A Nantes, lors du bac, le 16 juin 2014. REUTERS/Stephane Mahe

A Nantes, lors du bac, le 16 juin 2014. REUTERS/Stephane Mahe

Ce n'est pas une simple question de révisions de dernière minute: il est impératif de soigner l'image.

Nous republions cet article à l'occasion des résultats du bac 2016.

Il est 10 heures tapantes. Certains candidats hurlent de joie, d’autres s’assoient par terre pour pleurer de désespoir. De quoi permettre aux rédactions de broder un reportage-marronnier en vue du prochain JT. Moins spectaculaires, quelques lycéens auront l’air plus mesuré. À la fois émus et concentrés, ils se projetteront déjà dans l’ultime étape de leur année, celle qui les attend dès le lendemain ou le surlendemain: les épreuves de rattrapages, destinées à celles et ceux qui auront obtenu une moyenne comprise entre 8 et 10 sur 20.

Une fois son relevé de notes obtenu, chaque candidat devra choisir rapidement les deux disciplines qu’il devra repasser afin d’augmenter ses résultats et ainsi, par le jeu des coefficients, tenter de passer au-dessus de 10 de moyenne. Les épreuves se présentent généralement sous la forme d’un oral de 20 minutes, précédé d’une plage de 20 minutes de préparation. Face à un enseignant qu’ils ne connaissent pas et qui a préparé lui-même le sujet qu’il leur soumet, les élèves de terminale doivent montrer leurs connaissances, au gré d’un oral basé sur l’échange. Il ne s’agit pas d’être cuisiné intensivement seul sur son estrade pendant de longues minutes: l’objectif de l’examinateur est d’évaluer, au terme d’une discussion avec l’élève, son potentiel réel dans la discipline en question.

Montrer son désir de réussir

L’objectif de l’épreuve n’est pas d’aller au bout de l’exercice proposé. Le barême est loin d’être aussi précis que cela… Et c’est pourquoi les étudiants qui passent les rattrapages doivent bien garder en tête que c’est l’image qu’ils vont donner qui leur permettra peut-être d’obtenir les points manquants.

«Il est clair qu’à capacités égales, un élève poli qui fait amende honorable va gagner davantage de points qu’un lycéen arrogant, sur la défensive, qui semble ne pas mesurer l’importance de l’épreuve, affirme Eugénie, professeure de physique-chimie. S’ils sont là devant nous, c’est forcément parce qu’ils ont raté l’épreuve écrite, et donc probablement parce qu’ils sont en difficulté dans notre matière. On se doute bien que, sauf exception, les prestations livrées ne seront pas magistrales, d’autant que peu de candidats profitent généralement de la fin du mois de juin pour réviser "au cas où".»

Il ne suffit évidemment pas de débarquer les mains dans les poches et de dire «bonjour», «s’il vous plaît» et «merci» pour pouvoir repartir en fin d’épreuve avec les points manquants. Mais montrer son désir de réussir et ses connaissances –même limitées– dans la discipline fera réellement la différence.

Pour Abdelhafid, enseignant en mathématiques:

«il n’y a rien de pire que les élèves qui, au lieu d’essayer de montrer ce qu’ils valent, donnent dans le chantage affectif»

Les larmes, une très mauvaise arme

À chaque année son lot d’élèves affirmant dès le début de l’oral que s’ils n’ont pas le bac, leur vie est finie. S’il est impossible de nier la détresse dans laquelle pourraient se trouver certains lycéens contraints de retourner en terminale l’année suivante, l’oral de rattrapage ne peut hélas tenir compte de ce genre d’élément, en tout cas pas quand il est survendu de la sorte:

«Qu’elles soient sincères ou pas, des larmes ne peuvent suffire à obtenir une bonne note. Ça semble idiot à dire mais c’est apparemment utile de le répéter chaque année.»

Je n’ai aucun problème à surgonfler un peu la note si l’élève en a besoin et si je pense que sa prestation a été honnête et sincère

Un enseignant d'histoire-géo

En clair, s’il fallait ne donner qu’un conseil à celles et ceux qui passeront le rattrapage, c’est celui-ci: montrez-vous concernés par la discipline dans laquelle vous passez. Le reste suivra tout seul: si l’échange entre l’élève et l’examinateur se passe bien, c’est-à-dire de façon cordiale, avec un véritable effort du candidat pour montrer ce qu’il sait (même s’il n’en sait pas tant que ça), c’est l’enseignant lui-même qui finira par aborder la question du nombre de points manquants. 

«Je n’ai aucun problème à surgonfler un peu la note si l’élève en a besoin et si je pense que sa prestation a été honnête et sincère, affirme un enseignant d’histoire-géographie qui préfère rester anonyme. Je me rends compte que mon vocabulaire est celui d’un juré de la Nouvelle Star, mais pourtant l’idée est bien là.»

L’inverse est évidemment faux, même si de toute façon la situation se produit rarement. 

«Un candidat peu agréable mais qui montre qu’il a plein de connaissances ne sera pas sous-noté, rassure Eugénie. On peut faire preuve de bienveillance mais on n’est pas là pour noter à la tête du client. De même, un élève sympathique mais qui ne sait absolument rien pourra difficilement gagner des points.»

Dans cette optique, nul besoin d’essayer de soudoyer les examinateurs, même de la façon la plus mignonne qui soit. 

«Les cupcakes préparés par le père de ce candidat me semblaient délicieux, mais j’ai dû lui demander de les remettre dans leur boîte et d’en faire plutôt profiter ses camarades à la sortie de l’épreuve, raconte le professeur d’histoire-géo. De toute façon, ses réponses ont suffi à lui faire gagner les points nécessaires à l’obtention du diplôme»

Mieux vaut donc passer quelques heures devant ses cahiers qu’aux fourneaux...

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