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Concours du plus gros mangeur de hot-dogs: des «performances» de plus en plus indigestes

IMG_3409.jpg | Michael via Flickr CC License by

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Depuis plus de quarante ans, le nombre de chiens chauds engloutis par les gagnants a augmenté de manière assez exponentielle.

Comme chaque 4 juillet, jour de fête nationale américaine, la chaîne de fast-food Nathan’s Famous organise ce samedi un concours du plus gros mangeur de hot-dogs. Selon la légende marketing, cette gargantuesque compétition serait née en 1916, la même année que la création du premier stand de la marque à Coney Island.

Il n’y a cependant aucun document attestant de ce concours avant 1972. Time a voulu compter le nombre de hot-dogs avalés chaque année par les vainqueurs depuis cette date officielle, avec une petite infographie à base de chiens chauds. Le résultat est assez incroyable: les compétiteurs engloutissent vraiment beaucoup, beaucoup plus de nourriture qu’avant.

En 1972, le gagnant, Jason Schechter, réussit à manger 14 hot-dogs. Précisions cependant que les trois premières années seulement, le temps imparti était de 3 minutes et demi ou 6 minutes et demi. Ensuite, la durée légale de goinfrage a varié entre 12 et 10 minutes (temps officiel depuis 2008).

25 hot-dogs en 2000, 50 en 2001

En 1979, Thomas Stash arrive à 19 chiens chauds, et Franck Dellarosa grimpe à 21,5 en 1991. C’est après que ça se gâte: 25,125 pour le japonais Kazutoro Arai en 2000, et 50 pour Takeru Kobayashi en 2001. Ce dernier restera champion jusqu’en 2006, où il atteindra un total de 53,75 hot-dogs entassés dans son estomac.

En 2007, Joey Chestnut lui piquera le titre avec une performance à 66 hot-dogs. Il reste le champion jusqu’à présent, avec un record atteint en 2013 de 69 hot-dogs. Comme un hot-dog classique de chez Nathan’s famous contient 280 calories, cela fait tout de même… 19 320 calories à ingurgiter d’un coup.

Les compétitions
de nourriture ont désormais des stars, des managers,
des sponsors,  
de la publicité
à l’international
et une ligue professionnelle

William Saletan, Slate.com

Comment est-ce possible que le nombre de chiens chaud engloutis par les gagnants ait si fortement augmenté (avec en plus une réduction du temps de 12 à 10 minutes!), alors que les estomacs humains n’ont a priori pas triplé de volume?

Une véritable industruie

C’est peut-être parce que la discipline s’est en quelque sorte «professionnalisée»… Comme l’expliquait en 2010 William Saletan, journaliste à Slate.com, la Major League Eating, une sorte de fédération des concours de goinfres, supervise la compétition et fait signer des contrats aux participants, soigneusement pré-sélectionnés dans tous les États-Unis. Ce qui était une compétition bon enfant a bien changé:

«Les compétitions de nourriture sont désormais une véritable industrie, avec des stars, des managers, des sponsors,  de la publicité à l’international et une ligue professionnelle. Tout cela génère plus d’argent, plus d’exposition médiatique et plus de dangers pour la santé». 

Les prix et l’exposition médiatique croissante auraient ainsi pu encourager les compétiteurs à repousser leurs limites (et les parois de leur estomac) très, très loin. D’ailleurs, ces derniers jours, les articles sur le champion Joey Chestnut et son entraînement pleuvent dans la presse américaine, avec une certaine fascination pour le personnage et ses exploits. 

CNN explique par exemple «6 choses à savoir sur Joey Chesnut, le roi du hot-dog» et New York Daily News souligne que le champion est inquiet des performances d’un potentiel très bon rival, Matt Stonie. Le New York Post va même jusqu’à révéler que la star Chestnut vient de rompre avec sa petite amie mais qu’il compte bien «digérer ses émotions et prendre ce samedi le chemin d’un neuvième titre au concours de Coney Island».

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