Le lanceur irakien de chaussures sur Bush aurait été torturé en prison

Slate.fr, mis à jour le 16.09.2009 à 10 h 06

La force symbolique de son geste en a fait une figure internationale de la résistance à l'occupation américaine en Irak. Moutazer Al Zaïdi, incarcéré depuis 9 mois pour avoir lancé ses chaussures sur le président Georges Bush le 14 décembre 2008, a été remis en liberté aujourd'hui mardi 15 septembre, selon l'AFP.

Le prisonnier le plus célèbre d'Irak a tenu une conférence de presse à sa sortie de prison. Al Zaïdi exige désormais des excuses du premier ministre irakien et dénonce des tortures qu'on lui aurait infligé en détention. Coups de cables, électrocutions, cellules insalubres et simulations de noyades étaient infligés au journaliste, alors que Nourri Al Maliki prometait publiquement «de ne pas dormir avant d'être rassuré sur son sort».

Le frère de ce journaliste désormais célèbre, raconte que des messages de soutien, des offres d'emploi, de carrière politique et même des demandes en mariage affluent depuis bientôt un an, au foyer de la famille Al Zaïdi. L'AFP rapporte que l'émir du Qatar lui a promis un cheval en or, tandis que Mouhamar Kadhafi s'est engagé à le décorer. Une sculpture en forme de chaussure géante a été dressée en son honneur dans la ville natale de Saddam Hussein, à Tikrit. Le journaliste rebelle est célébré dans de nombreux pas arabes comme un héros, et il compte effectuer une tournée internationale de remerciement dès sa sortie de prison.

C'est à l'occasion de la dernière conférence de presse du président américain en territoire Irakien que Moutazer Al Zaïdi était sorti de ses gonds. A l'écoute du bilan positif que dressait Georges W. Bush après 5 ans d'occupation, il s'était levé en lui criant «c'est le baiser d'adieu espèce de Chien», et avait propulsé ses chaussures vers la tête du résident. Arrêté et jugé, il avait écopé d'un an de prison pour «agression contre un chef d'État en visite officielle».

Dans la culture arabe, traiter quelqu'un de chien et le fouler au pied constituent des insultes très graves. Lors de la chute de Saddam Hussein en 2003, des opposants avaient posé devant les caméras, une chaussure à la main, en frappant le visage des statues du raïs, explique l'AFP.

Moutazer Al Zaïdi a déjà annoncé qu'il ne reprendrait pas son poste de reporter pour la chaine Baghdadia où il travaillait, cette dernière ayant fait sa publicité avec son exploit. La chaine a cependant offert au journaliste un nouvel appartement, plus vaste que le deux pièces dans lequel il habitait. Il a déclaré vouloir se consacrer à présent à des oeuvres humanitaires à destination des veuves et des orphelins.

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(Photo: Statue à la gloire du lanceur de chaussure en Irak, Saba Al-Bazee / Reuters)

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