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Tremblez, l'IPcalypse est proche

Ordinateur cassé | youngthousands via Flickr CC License by

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Le nombre d’appareils connectés à Internet a explosé : le réservoir de 4 milliards d’adresse IP a été atteint. Un nouveau standard existe depuis des années mais trop peu d’organisations et d’entreprises s’y sont préparées.

Arrêtez tout, nous sommes trop nombreux sur Internet. La menace planait depuis une dizaine d’années, elle est finalement arrivée: le stock d’adresses IPv4 est quasiment épuisé. Petite remise au point pour l’utilisateur moyen –donc vous, moi, et 95% des internautes– qui n’aurait pas suivi: tout portable, ordinateur, tablette connecté au Web se voit attribuer une adresse IP (pour Internet Protocol) pour naviguer dans le réseau.

Jusqu’ici, la plupart des appareils utilisaient la première version des IP: l’IPv4 (pour version 4). Avec toutes les combinaisons de chiffres possibles, il existait un réservoir de plus de quatre milliards d’adresses IP. Réservoir à sec depuis le 3 février 2011: l’Icann, l’autorité suprême de régulation de l’Internet, a annoncé qu’elle avait distribué ses derniers lots.

Comment survit-on depuis? Sur les dernières réserves. L’Icann avait tout donné à des opérateurs régionaux, qui se sont chargés depuis de les dispatcher dans leurs zones géographiques respectives. Certains ont aussi utilisé le NAT (Network adress Translation) qui permet à plusieurs personnes de se connecter simultanément et indépendamment sur la même adresse. Et, enfin, on a aussi pu récupérer d’anciennes adresses non-utilisées par les entreprises qui en avaient été généreusement dotées.

Une nouvelle version prête depuis les années 1990

Cette fois, en juillet 2015, ça y est. On a fait tous les fonds de tiroirs, la pénurie d’adresses est avérée. L’Arin (American registry for Internet Numbers) commence à placer les demandes sur liste d’attente. Si on le laissait de côté, ce petit problème technique étranglerait le Web. Adieu croissance du réseau, Apple Watch et frigos connectés.

Heureusement, depuis les années 1990, les ingénieurs ont eu le temps de voir venir cette pénurie et ont mis en place un nouveau standard d’IP.

Voilà le futur d’internet, l’IPv6:

 

L'Icann demande l'adoption de ce nouveau protocole depuis plusieurs années. Mais ce changement de modèle passe par un bouleversement profond de l’infrastructure. Le réseau doit pouvoir gérer ces nouvelles adresses et router le trafic. Ce qui demande des investissements financiers importants.

Seuls 7% des internautes mondiaux en IPv6

Free, Facebook, Google, Yahoo, et d'autres grands noms ont déjà passé le cap. Mais beaucoup d’organisations ou d’entreprises (dont les fournisseurs d’accès internet) tardent à se lancer. Si l’on s’appuie sur cette infographie de Google, l’IPv6 représente seulement 7% des utilisateurs dans le monde.

En Suisse, en Belgique et aux Etats-Unis, plus de 20% des appareils sont connectés en IPv6. En France, seulement 5%.

Si nous, internautes moyens, devrions ne rien remarquer de cette IPcalypse dûe à la procrastination des acteurs de l’Internet, nous serons totalement rassurés une fois l’IPv6 passé. Cette version a l’avantage d’avoir un stock de 3,4x10 puissance 38 adresses IP. Soit 340 fois 1000 milliards de milliards de milliards de milliards...

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