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Football: le guide de la première journée de Ligue des Champions

Quentin Girard, mis à jour le 18.09.2009 à 18 h 31

Une nouvelle édition de la «coupe aux grandes oreilles».

Alors que tous les grands championnats européens ont redémarré, la compétition reine sur le continent, la Ligue des Champions, reprend enfin. Ce soir et demain, 32 équipes jouent leur premier match du tournoi aux quatre coins de l'Europe (et même au delà). Evidemment ce ne sont pas les 32 meilleures équipes du continent, surtout pendant les phases de poules, c'est pour ça que c'est amusant. Entre un Real Madrid au budget annuel estimé à 400 millions d'euros et l'Unirea Urziceni qui pointe à 4,5 millions d'euros, le fossé est immense. Entre football et boucherie, donc, Slate.fr a dressé le meilleur guide pour réviser ses gammes. Au menu, les matchs à ne pas manquer, les matchs à rater absolument, des déplacements bucoliques et le pire onze tricolore possible.

«Du côté de chez Footix» - les matches des Français

Juventus / FC Girondins de Bordeaux: sur les traces de 1985.
Le journaliste sportif ne craignant pas les comparaisons hasardeuses, on peut d'ores et déjà affirmer que tout Bordeaux attend depuis 24 ans le remake de la demi-finale de la Coupe des Champions 1985. A l'époque, le club au scapulaire avait été fessé au Stadio Comunale, 3-0. Le match retour, gagné 2-0, ne servit qu'à entretenir le mythe de l'épopée européenne fondatrice. Sur le pré, Müller et Battiston, avec toutes ses dents, régalaient. Cette année, avec leurs airs de gendres idéaux, les Girondins risquent fort de souffrir contre une Juve renaissante. Une chance, Del Piero et Diégo ne joueront pas ce soir.

Olympique de Marseille / AC Milan: sur les traces de 1993
On pourrait parler de 1993, de la Dêche, de la moustache de Rudi Völler, du coup de boule de Basile Boli. Voire du retour du «traître» Mathieu Flamini au Vélodrome. Mais non, on va dénoncer ici le misérable complot de la commission européenne du foot, l'UEFA, qui chaque année prend un malin plaisir à concocter le groupe le plus affreux pour les Marseillais. Il y a deux ans, ils piochaient Liverpool (remember Jean-Michel Larqué et ses six «il y est»), Porto et Besiktas. La saison passée, c'était Liverpool, l'Athletico Madrid et le PSV Eindhoven. Avec le Milan AC, le Real Madrid et... le FC Zürich, les Marseillais ne sont pas au mieux non plus à l'heure d'attaquer les grandes soirées européennes. L'histoire n'en sera que plus belle, diront les supporters olympiens. Nous, on sait très bien que ça se terminera comme d'habitude, par une troisième place et une piteuse élimination en quarts de finale de la nouvelle Europa League. Contre un club hollandais.

Olympique Lyonnais / ACF Fiorentina: sur les traces de l'an dernier
On en était resté à une sortie en beauté, digne des plus grandes moments de Jean-Michel Aulas, l'homme qui est à l'OL ce que Sarkozy est à la France. Humilié par un Barcelone des grands soirs (défaite 5-2), le président n'avait rien trouvé de mieux que de balancer sur l'égalitarisme du foot français, celui qui nivelle par le bas. Depuis, Jean-Michel a compris que le capitalisme libéral n'avait plus la cote. Alors, il a recruté un Argentin barbu, clone de Che Guevara. Lequel rendrait l'OL presque sympa, et fait surtout oublier les caprices de Karim Benzema. Pour cette nouvelle saison européenne, les Lyonnais ont tiré Liverpool (l'épouvantail du groupe, à l'image du Bayern Munich en 2008 - remember Jean-Michel Larqué et ses neuf «Danger»). Mais dans la catégorie des seconds couteaux, les Lyonnais retrouvent leur principal adversaire de l'an passé, la Fiorentina. Un sale souvenir, puisque les gars de Claude Puel perdaient 2-0 à la pause. Jusqu'à ce que Frédéric Piquionne, libéré de ses chaînes, sonne la révolte. Bafé Gomis, tu sais ce qu'il te reste à faire...

«Les immanquables» - les matches qui font la journée

Inter Milan / FC Barcelone: je t'aime, moi non plus
C'est la grosse affiche de cette journée, certains imprudents évoqueront même une finale avant l'heure. Les deux clubs font indéniablement partie des tous meilleurs d'Europe, mais surtout, ils ont régalé le mercato avec le feuilleton Zlatan Ibrahimovic/Samuel Eto'o. Les deux attaquants vedettes, au talent et à l'égo surdimensionnés, ont finalement été échangés : le Suédois a rejoint la Catalogne contre le Camerounais plus 40 millions d'euros. Personne n'a encore vraiment réussi à démêler le fin mot de ce montage financier bizarre (et franchement inégal). Quoiqu'il en soit, le retour d'Ibrahimovic à Milan s'annonce sympathique. José Mourinho, l'entraîneur milanais, n'a-t-il pas assuré que Zlatan n'a jamais été aimé par les supporters milanais?

Chelsea / Porto: deux doigts suffisent
A priori le match est facile pour Chelsea qui se moque bien d'être interdit de recruter parce que le club londonien a un effectif à même d'aligner deux équipes et demi de tueurs. Et puis, en face, Porto a été bien pillé par les autres écuries européennes, notamment françaises (Lisandro Lopez et Aly Cissokho à Lyon, Lucho Gonzales à Marseille) à l'intersaison. Oui mais le FC Porto, c'est cette équipe qu'on espère toujours un niveau en dessous de ce qu'elle montre vraiment. Et en attendant, malgré les millions d'Abramovitch, Porto a déjà remporté la Champions League alors que Chelsea, non.

«L'important c'est les 3 points» - les matches a priori sans surprises

Maccabi Haïfa FC / FC Bayern Munich: Haïfa, écoute moi, t'en va pas
On conseille aux Bavarois d'éviter la compagnie El Al pour leur déplacement dans la ville portuaire israélienne. Quant à Louis Van Gaal, à qui Ribéry fait enfin des câlins, il devrait aligner une belle équipe de bouchers, promise à l'élimination en huitième ou en quart.

Beşiktaş JK / Manchester United: Owen is back
L'abus de têtes de veau commence-t-il à se faire sentir chez Sir Alex Ferguson? L'Ecossais croit-il sérieusement avoir fait une bonne affaire en échangeant Cristiano Ronaldo et Carlos Tevez contre Michael Owen et Gabriel Obertan... A moins que la crise ne soit passée par là. En tout cas, les Red Devils font moins peur que les autres années. Et les Turcs de Besiktas pourraient mettre la pression d'entrée, dans un stade très chaud, et dont les supporters s'amusent à mesurer les décibels de leurs encouragements.

FC Zürich / Real Madrid: purée de petits suisses
Bernard Challandes, le coach du FC Zürich, a déjà prévenu ses ouailles: il ne faudra pas la jouer perso, et tenter de briller aux yeux des recruteurs européens. Les Alain Rochat et autres Johan Vonlanthen sont avertis.

Liverpool FC / Debrecen: twist and shout
Comme tous les ans, Liverpool va réaliser une Ligue des Champions de rêve, et se vautrer en championnat. Début du «Torres, Gerard, & Co show» mercredi.

Standard de Liège / Arsenal FC: côté jardin
Faut-il laisser des enfants aller en Belgique tout seuls, surtout après deux défaites en championnat contre les Manchester? Cela pourrait être dangereux. Heureusement les joueurs du Standard ne ressemblent en rien à des ogres des Ardennes et Wenger est là pour veiller. Combien de buts ce soir? Un ou deux sans doute. Combien d'occasions pour les Anglais? Vingt-cinq ou trente sûrement.

«Les matches dont on se fout»

VfL Wolfsburg / CSKA Moscou: pacte de non-agression
D'un côté Wolfsburg, le champion d'Allemagne en titre, qui s'est étonnement retrouvé dans le dernier chapeau lors du tirage des groupes. La faute a un indice UEFA inférieur à celui de l'AS Nancy Lorraine par exemple. L'équipe n'est pourtant pas dégoûtante à voir jouer, avec un duo d'attaque Dzeko-Grafite qui fait des ravages. Oui mais le club estampillé Volkswagen du maillot jusqu'au nom du stade reste sur une série de trois défaites consécutives en championnat, dont deux à domicile. En face, l'ancienne section sports de l'armée rouge, qui a fini deuxième de Russie l'an passé, ne fait pas franchement rêver. Akinfeev aux cages, et c'est à peu près tout. Pas le pire match de la journée, mais vraiment pas le plus excitant non plus. Et ça va sûrement faire nul.

Dynamo Kiev / Rubin Kazan: la conquête de l'est
Deux ambianceurs pour une soirée qui s'annonce quand même tristouille: en Ukraine c'est le retour du fils prodigue Andrei Chevtchenko, en Russie c'est le feu-follet Sergueï Semak. Donc d'un côté un ancien ballon d'or qui a passé son enfance près de Tchernobyl et n'a plus rien fait de convaincant depuis au moins trois ans. De l'autre un mec qui claque un triplé au Parc des Princes avec le CSKA Moscou, se fait recruter sur un coup de tête par le PSG, évidemment n'y fait rien de terrible, s'en va, ne fait plus parler de lui puis réapparaît à l'occasion du dernier Euro. Saison 2004-2005, Drogba aussi mettait aussi trois buts au PSG au Parc, mais c'était apparemment pas le même prix que Semak. Et vivement les déplacements à Kazan, capitale du Tatarstan, centre musulman historique sur les bords de la Volga. Jules Verne l'évoque dans Michel Strogoff, Lénine y étudia (et fut exclu de l'université pour participation à des manifestations anarchistes) et KAPO Gorbunov y construit une bonne partie des appareils militaires Tupolev. Quand on vous dit que ça vaut le coup de réserver son billet de train.

VfB Stuttgart / Rangers FC: bad in Bade-Wurtemberg
La rencontre typique d'Europaleague qui s'invite en Ligue des Champions. A Stuttgart, une collection de joueurs dont on se dit "Ah, oui, c'est vrai", mais qui se révèlent généralement moins bons que ce qu'on espérait. Alors oui, Pogrebnyak, Hleb ou ce poète d'Hitzlsperger, le capitaine, qu'on surnomme «Le Marteau». Et Lehman aux cages pour rire un peu. Chez les Scots, des joueurs qui ne seraient pas mauvais dans l'Entraîneur, genre DaMarcus Beasley, mais qui en vrai, non. Et puis la colonie française Delpierre-Rothen, histoire de pas se sentir trop perdus.

L'Unirea Urziceni, le pari de Slate.fr:

Le naming à la roumaine, ça donne le FC Unirea Valahorum Urziceni, dernier champion des Carpates. Squattant la D3 locale au début des années 2000, le club se dégotte un sponsor miracle, Valahorum S.A, qui fait monter le club en quelques années dans l'élite et le dote d'infrastructures ultramodernes. Suite du cercle vertueux, l'ancien international Dan Petrescu devient entraîneur, et mène le club au titre en juin dernier. L'Unirea ambitionne désormais de devenir le "Chelsea roumain", et n'a pas hésité à repomper éhontément son logo. Grosse déception néanmoins pour les adversaires des successeurs du FC Cluj en LDC, ils n'auront pas la chance de découvrir Urziceni, charmante bourgade de 17.000 habitants, son stade de 7.000 places et ses supporters interdits de boisson, parfois forcés à se replier sur le château d'eau surplombant l'enceinte. Pour d'éventuels amateurs, les matchs se dérouleront dans le stade du Steaua à Bucarest.

L'équipe type des 11 pires Français à suivre

Les Français c'est un peu comme les Brésiliens. il y a du tout bon et du low cost. Des mecs qui ne joueraient pas titulaires en L2 se retrouvent à briller en Ligue des champions le temps d'une diffusion télé. «The french flair» sans doute. Voilà le pire onze possible de nos expat'.

Gardien:

Sebastien Frey, Fiorentina
Il paraît que ce mec est bon. En attendant, en football, c'est surtout le fils spirituel de Brice Hortefeux et le cousin d'Afflelou.

Défense:

Didier Domi, Olympiakos. La grande époque du PSG fin des années 90. Depuis il avait un peu disparu des gazettes ce qui ne l'a pas empêcher d'achever de se forger en Grèce un joli palmarès.

Mathieu Delpierre, VFB Stuttgart. Un bon joueur, presque injustement présent dans cette équipe. Mais, bon, il joue en Allemagne à Stuttgart, sympathique club au demeurant.

Marc Fachan, Dynamo Kiev. Notre jeune ami évoluerait au poste d'arrière droit. A 20 ans, il n'a jamais joué en L1 avec Auxerre et à choisi de s'exiler en Ukraine. Faut le faire. S'il était un geste technique, il serait "la roulette".

Milieu :

Wilfried Dalmat, Standard de Liège. Le syndrome nantais. Dans la lignée des Djemba Djemba, Piocelle et autres N'zigou, le frère de l'agité Stéphane a eu des choix de carrière à faire pâlir Xavier Gravelaine. Dans un autre monde, les amateurs de simulation de foot l'appréciaient pour sa vitesse, ses débordements, ses dribbles, et ses centres. Des qualités que Wilfried Dalmat a eu du mal à exploiter, jusqu'à connaître un trou de deux ans dans son CV.

Jérôme Rothen, Glasgow Rangers. Highlander. Comme Christophe Lambert, Jérôme est immortel. A tout le moins c'est un revenant, qui va jouer sa deuxième Champions League alors que ce n'est pas en restant Paris que ça risquait de lui arriver. Stéphane Sessegnon est jaloux. Surtout que la dernière fois, Rothen a terminé en finale...

Mathieu Flamini, Milan AC. «Je me suis imposé dans toutes les grandes équipes où j'ai joué» a-t-il déclaré à l'Equipe en début de semaine. Pourquoi ne joue-t-il pas en Équipe de France alors? Raymond est le meilleur entraîneur du monde et ne le sélectionne pas, ça veut tout dire pour ce joueur au palmares aussi vierge que Kaka avant son mariage.

Benjamin Nicaise, Standard de Liège. Le parcours de Nicaise, c'est un vaste hommage à l'Est riant : Nancy, Metz, Amiens, Mons et Liège. A Mons il était devenu incontournable, au Standard il joue aussi. Avec une telle trajectoire, il devrait finir sa carrière à Valenciennes. 

Attaque:

Adamo Coulibaly, Debrecen. Karl Olive le qualifie de "diamant brut". Rien que ça, c'est louche. Et pourtant, on n'a pas envie de dire du mal du camarade Adamo (si si, c'est bien un hommage des parents), ancien cariste de nuit à Peugeot et désormais héros de Debrecen après avoir contribué à qualifier le club pour la LDC.

Eric Hassli, FC Zürich. Jeune stagiaire pro messin, âgé de 19 ans, il avait marqué le but de la victoire contre le PSG d'Anelka en août 2000. Un petit passage dans Téléfoot et depuis, pas grand chose. A Zürich, il re-marque.

Alexandre Alphonse, FC Zürich. Sorte de Thierry Henry du pauvre, du moins pour le patronyme et la Guadeloupe. L'attaquant zürichois a d'ailleurs participé à la Gold Cup cet été avec la sélection guadeloupéenne. Il a mis le seul but insulaire lors de la déroute 5 - 1 face au Costa Rica en quarts. De sacrées références, donc.

Remplaçant:

Cédric Collet, Standard de Liège. De Romanrantin à la coupe aux grandes oreilles, c'est la belle histoire de Cédric Collet. Il a un skyblog, Kikou Lol.

Aligner cette équipe, même en L2, serait un pari. Malgré notre choix offensif en 3-4-3 dicté par les disponibilités, la défense et les milieux def' devraient tenir l'ensemble. Les attaquants ne seront pas trop de trois pour récupérer les centres approximatifs de Jérôme Rothen. L'alliance à droite, Fachan-Dalmat, est tout de même très incertaine.

Louis Moulin, Sidney Maréval et Quentin Girard

Image de une: Le FC Barcelone avec le trophée de la Ligue des Champions, REUTERS/Darren Staples

Quentin Girard
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