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Un sondage donne le «Oui» vainqueur au référendum grec... seul problème, il n'est pas fiable

Une bannière appelant à voter «Non» flotte sur l'université d'Athènes. Marko Djurica/ REUTERS

Une bannière appelant à voter «Non» flotte sur l'université d'Athènes. Marko Djurica/ REUTERS

Les sondages n'arrivent pas à appréhender les intentions du peuple grec avant la consultation de dimanche.

47,1% en faveur du «Oui» contre 43,2% de «Non» au référendum grec selon un sondage de l’institut GPO, forcément ça ne pouvait que faire parler. Seulement voilà, non seulement cette enquête d’opinion n’était pas destinée à la publication pour le moment mais en plus il y avait de bonnes raisons à cela, explique-t-on chez GPO

«C’est à l’insu de GPO, et sans le concours de l’entreprise, que certains résultats, fragmentaires, concernant les intentions de vote au référendum du 5 juillet de son départements de recherches ont été rendus publics dans les médias.»

«Fragmentaires», un mot qui, ici, ne peut signifier qu’une chose: ce sondage réalisé auprès de 1.000 personnes est inutilisable et ses résultats non fiables. Un détail qui ne l’a pas empêché de se retrouver relayé sur Internet.

S’il s’agissait, pour certains, en publiant ces chiffres de montrer une progression du «Oui» à la question de savoir si la Grèce doit ou non adopter le plan d’aide de ses créanciers, l’initiative est d’autant plus déplorable que ce n’est pas la première fois qu’un sondage donne le «Nai» («Oui») vainqueur. A vrai dire, le «Oui» et le «Non» se piquent la tête dans les études d’opinion depuis qu’Alexis Tsipras a annoncé sa volonté de consulter celle du peuple.

Une opinion indéchiffrable

Le Telegraph rappelle que les deux premiers sondages donnaient le «Non» gagnant (57% le 27 juin, 54% le 28) avant que la tendance ne se mette à vaciller à compter de l’entrée en vigueur du contrôle des capitaux: ainsi le 29 juin, la réponse positive était largement en tête avec 57%, soit une avance plus importante que dans le vrai-faux sondage du 2 juillet. Le «Non» l'emportait pourtant à nouveau dans l’enquête suivante.

Pourquoi est-il si difficile de se faire une idée des intentions grecques concernant le choix capital qui sera proposé au peuple dimanche? Tout d’abord, selon les jours, le sens que les citoyens hellènes attachent à un rejet du plan d’aide évolue, d’où la mise au point télévisée d’Alexis Tsipras, mercredi 1er juillet, expliquant qu’il ne s’agissait pas de voter pour ou contre une sortie de la zone euro mais de donner sa décision au sujet de la feuille de route européenne. Il y a aussi une autre raison: tous ces sondages ont été établis à partir de méthodologies différentes, le seul invariant étant une marge d’erreur conséquente.

Pour en savoir plus sur le destin que les Grecs veulent se choisir, il faudra donc attendre qu’ils s’expriment dans les bureaux de vote. 

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