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Faire des baskets avec du plastique récupéré dans les océans n’est pas si écolo que ça

Suffit-il de récupérer le plastique dans les océans pour les sauver? | epSos .de via Flickr CC License by

Suffit-il de récupérer le plastique dans les océans pour les sauver? | epSos .de via Flickr CC License by

La sortie de baskets Adidas faites avec les déchets en plastique qui parsèment les océans pourrait bien ne faire que reporter le problème à plus tard.

Alors que 5.000 milliards de morceaux de plastique seraient éparpillés dans les océans, Adidas riposte avec un prototype de baskets présentées comme la nouvelle tendance écolo. La marque de sport allemande, en partenariat avec l'organisation Parley for the Oceans, vient tout juste de sortir des tennis fabriquées entièrement à partir de filets abandonnés illégalement par des pêcheurs et devenus un danger pour les poissons traversant les fonds marins. Une idée de recyclage qui a du potentiel mais qui pourrait bien ne faire que repousser le problème.

Le plastique est récupéré, ensuite tricoté, comme pour la fabrication des crampons Samba prime knit, ce qui engendre moins de gaspillage que la couture (zéro rebut de tissu). Adidas prévoit même d’aller au-delà de ce prototype de tennis en plastique en proposant une collection entièrement produite à partir de déchets trouvés dans nos mers surpolluées, explique le Tech Times.

Mais des scientifiques craignent que ce beau principe ne soit pas une solution car une partie du plastique récupéré finira par retourner dans les océans. En effet, les tissus en microfibres résistent mal au passage en machine, souligne le Christian Science Monitor. Un scientifique en Californie a montré que, dans un lave-linge, plus de 1.900 microfibres peuvent se détacher d'un vêtement. Ensuite, en faisant des prélèvements dans des sites marins partout dans le monde, ce scientifique a trouvé que 85% de la pollution provoquée par les êtres humains est due aux microfibres.

Réinventer le plastique

Même si ce n'est pas la solution sur le long terme, reste qu’une initiative immédiate est nécessaire pour lutter contre la pollution de nos océans. Des centaines de milliers de baleines, ainsi que d'autres animaux, s'enchevêtrent dans le plastique, et peuvent souffrir pendant des mois voire des années à cause des lésions causées par le plastique. Ce qui compromet leur capacité à se nourrir et à se déplacer et conduit, à terme, à leur mort.

Au-delà du besoin écologique, la motivation économique incite aussi à diminuer les dégâts causés par le plastique jeté dans les océans, qui engendrent chaque année des coûts estimés à 13 milliards dollars. Cette estimation d’Ocean Recovery tient compte avant tout du coût de nettoyage (des dépenses de 500 milliards de dollars ont ainsi été nécessaires pour nettoyer la côte pacifique des État-Unis). Ce chiffre peut donc augmenter si l’on prend également en compte le coût sur la santé humaine, le tourisme et l'entretien des réserves fauniques.

La vraie révolution consisterait à modifier nos comportements vestimentaires et alimentaires en éliminant le plastique de notre quotidien. Parley for the Oceans, de son côté, s'investit pour non seulement récupérer le plastique qui pollue nos océans mais aussi pour le réinventer, explique Fast Company. En attendant, tant que le plastique zéro pollution demeure un rêve lointain, les vêtements «sexy et écolo» peuvent toujours être un argument marketing pour la cause des océans.

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