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Le «non» est placé avant le «oui» sur le bulletin de vote grec (et ça ne changera pas grand-chose)

Temps de lecture : 2 min

Le Premier ministre Alexis Tsipras a appelé à voter non... Et le «non» se retrouve placé étonnamment en haut du bulletin de vote distribué aux Grecs.

Le bulletin de vote distribué aux Grecs place le non en premier. | Bloomberg Markets via Twitter

Est-ce dans l'urgence de la préparation du vote –à peine une semaine pour tout organiser et imprimer– que le «non» s'est retrouvé au-dessus du «oui»? Ou est-ce qu'Alexis Tsipras a préféré placer sa réponse favorite en tête?

Toujours est-il que, dimanche 5 juillet, les Grecs se retrouveront dans l'isoloir avec un bulletin de vote proposant le «non» (Όχι) en premier et le «oui» (Ναι) en second. C'est ce que l'on peut voir sur les bulletins officiels, dont la mise en page a été révélée ce 1er juillet.

Intuitivement, le «oui» est pourtant toujours placé en tête. À titre de comparaison, lorsque les Irlandais ont eu à voter pour ou contre le mariage homosexuel le 22 mai 2015, le «pour» était situé avant le «contre».

Le Premier ministre Alexis Tsipras s'est de plus de nouveau adressé à la population ce mercredi en appelant à voter contre la proposition des créanciers internationaux (UE, BCE, FMI) afin d'obtenir un meilleur accord.

Ce choix de mise en page inhabituel paraît donc biaisé, comme si, au sein même de l'isoloir, seuls avec eux-mêmes, les Grecs pourront encore lire entre les lignes et se voir suggérer fortement le choix de leur gouvernement.

Une mise en page qui aura peu de conséquence?

Mais cette astuce aura sans doute peu de répercussion sur le choix final des Grecs. En prenant pour exemple une série d'élections entre 1958 et 2012, des chercheurs de l'Université de Californie du Sud ont justement étudié l'importance de la position d'un nom sur un bulletin de vote: en clair, est-ce qu'un candidat placé à la fin aura moins de chance d'être élu qu'un candidat placé au début?

Manque d’information et fatigue des électeurs

Leur principale conclusion est qu'une position au début du scrutin n'a pratiquement aucun effet, positif ou négatif, sur le taux d'approbation. En fait, ils ont surtout remarqué que c'est le manque d'information et la fatigue des électeurs qui tendaient à éroder les points de vue et à les pousser à changer de bord.

Avec un bulletin comprenant une question de 17 lignes et des enjeux multiples («Est-ce que le projet d'accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fond monétaire international le 25.06.2015 qui se compose de deux parties doit être accepté?» suivie d’explications sur les documents joints) et une crise qui dure depuis 2009, avec ses huit plans d’austérité et ses quatre gouvernements différents, les Grecs risquent effectivement d'être fatigués.

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