Partager cet article

La Bible hésite sur la question du mariage et de la sexualité

Bible Savio Sebastian via Flickr CC License by

Bible Savio Sebastian via Flickr CC License by

L’interprétation la plus intransigeante de la Bible dresse un tableau du mariage fait d’inceste, de viol et de polygamie. Mais on trouve dans certains évangiles des indications contradictoires.

Après les différentes polémiques entourant l’extension du mariage gay à l’ensemble du territoire américain, Raw a décidé de prendre les chrétiens les plus littéralistes aux mots et d’étudier les vues de la Bible sur le mariage. Le journaliste explique que l’interprétation la plus intransigeante de la Bible, l’Ancien Testament en particulier, dresse un tableau du mariage et de la sexualité en lui-même inacceptable dans n’importe quel État de culture chrétienne.

Les différents livres de la Bible évoquent l’inceste, le viol et la polygamie. Ainsi, dans Le livre des Rois (1: 11), Salomon est réputé avoir été l’époux de sept cents femmes et trois cents concubines. C’est dans le Deutéronome (22: 28_29) que l’auteur voit une justification du viol. Moyennant finance, le violeur peut même épouser sa victime:

«Si un homme rencontre une jeune fille vierge non fiancée, la saisit et couche avec elle, et qu’ils soient surpris, l’homme qui a couché avec elle donnera au père de la jeune fille cinquante sicles d’argent, et elle sera sa femme, parce qu’il l’a déshonorée, il ne pourra pas la renvoyer, tant qu’il vivra.»

Il y a également l’inceste. Mais d’Abraham, qui est marié à sa demi-sœur Sarah, en remontant jusqu’à Adam, représentant l’inceste le plus abouti dans la mesure où son corps sert à la création de celui de sa femme, les exemples évoqués appartiennent au monde de la Genèse, où la race humaine se multiplie tout en étant encore relativement restreinte.

Continuité des paroles christiques

Pour ce qui est du cas du Nouveau Testament, Raw remarque que Jésus ne prend pas ses distances avec ces pratiques. S’il ne les confirme pas nommément, certaines des paroles christiques vont dans le sens de la continuité. «Je ne suis pas venu abolir la Loi des Prophètes mais pour l’accomplir», dit-il ainsi chez Matthieu (5:17-18). 

C’est la partie la moins convaincante de l’article dans la mesure où une étude plus approfondie du Nouveau Testament voire de ce même évangile selon saint Matthieu donne des indications contradictoires, comme ici:

«Vous avez appris qu’il a été dit: Tu ne commettras point d’adultère. Et moi, je vous dis que quiconque regarde une femme avec convoitise, a déjà commis l’adultère avec elle, dans son cœur.» (5:27-28)

Un examen attentif de l'Ancien Testament oblige également à nuancer le propos car, s’il est bien dit dans Le livret des Rois, précédemment cité, que Salomon a vécu (femmes et maîtresses cumulées) avec un millier de femmes, le verset qui suit montre que le regard biblique sur la chose ressemblait plutôt à une mise en garde:

«Au temps de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son cœur vers d’autres dieux, et son cœur ne fut pas tout entier à Yahweh, son Dieu, comme l’avait été le cœur de David, son père.»

Il est vrai toutefois que la position rigide de Jésus sur l'adultère aurait sans doute embarrassé Salomon et son harem.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte