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L'Eurogroupe décide de ne pas mettre en place d'accord avant le référendum

Alexis Tsipras, le 27 juin dernier. | Reuters/Alkis Konstantinidis

Alexis Tsipras, le 27 juin dernier. | Reuters/Alkis Konstantinidis

Les ministres des Finances de l'Eurogroupe veulent attendre de connaître la position du peuple grec.

Cet article présente les dernières informations sur la crise grecque, mercredi 1er juillet, et est régulièrement actualisé. Cliquez ici pour le mettre à jour.

L'Eurogroupe décide de ne pas mettre en place d'accord avant le référendum

Peter Kazimir, ministre des Finances slovaque, a annoncé sur Twitter que l'Eurogroupe a décidé lors d'une conférence téléphonique de suivre l'avis formulé par l'Allemagne et d'attendre la tenue du référendum pour ouvrir toute nouvelle négociation. 

«L'Eurogroupe est uni pour décider d'attendre le résultat du référendum avant la poursuite des discussions», a-t-il indiqué avant d'ajouter «il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs».

Les bourses européennes ferment en hausse

Mercredi 1er juillet, 18h00. Alors que les places boursières ont connu deux jours de baisse depuis lundi, elles ont fermé dans le vert après le revirement du Premier ministre grec et la possibilité de nouvelles négociations. La Bourse de Francfort a terminé sur une hausse de 2,15%, Londres a gagné 1,34 % et Paris a terminé avec un regain de 1,94 %. 

Même en cas de «non» au référendum, la Grèce ne sortira pas de l'euro, affirme Tsipras

Lors d'une allocution télévisée, le Premier ministre grec a refusé tout revirement en affirmant que le référendum sera maintenu malgré le défaut de paiement et en appelant à voter «non».

«Je suis déçu de la décision de l'Europe, il nous fallait un peu plus de temps», a-t-il expliqué avant d'ajouter que le but du référendum est de continuer les négociations.

«Le référendum de dimanche ne concerne pas le fait d’être membre de l’eurozone. [...] Un “non“, ce n’est pas la rupture avec l'UE mais un retour à l'Europe des valeurs. [...] Le “Non“ est un vote décisif pour permettre de signer un nouvel accord.»

«Nous sommes toujours à la table de négociation, et si la rencontre de l’Eurogroupe aujourd’hui livre un message positif alors nous pourrons avancer immédiatement.»

 Sur Twitter, il a également assuré que les salaires et les pensions étaient sécurisés tout comme les dépôts bancaires des personnes n'ayant pas retiré leur argent.

Ce qui n'a pas convaincu les Grecs, qui se ruent dans les banques, comme le rapporte l'AFP. 

Hollande et Merkel ne semblent pas d'accords 

Alors que la Chancelière allemande veut attendre lundi, après le référendum, pour relancer des discussions avec la Grèce, le président français a fait savoir à Reuters qu'il voulait engager le dialogue plutôt que d'opposer un veto. «C'est notre devoir de garder la Grèce dans la zone euro», a-t-il déclaré.

Le référendum grec ne respecte pas les «standards internationaux»

Mercredi 1er juillet, 14h00. Thorbjorn Jagland, secrétaire général du Conseil de l'Europe, a expliqué à Associated Press que le référendum organisé dimanche prochain par le gouvernement grec ne respecte pas les «standards internationaux». En effet, ces derniers exigent un minimum de deux semaines d'écart entre la décision de tenir un référendum et la tenue du scrutin, ainsi qu’une question claire posée aux citoyens et la présence d'observateurs internationaux. Ce qui n'est pour l'instant pas le cas pour le référendum voulu par Alexis Tsipras.

Angela Merkel ne veut pas de nouvelles négociations avant le référendum

Mercredi 1er juillet, 13h20. Après la diffusion de la lettre d'Alexis Tsipras, la chancelière allemande Angela Merkel a fait savoir qu'elle souhaitait le maintien du référendum dimanche prochain. Elle a assuré que la porte des négociations restait ouverte, mais que le précédent plan de sauvetage proposé par l'Eurozone ne tenait plus parce que la Grèce n'avait pas respecté ses délais. 

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a de son côté demandé à la Grèce de s'expliquer. «Tout cela ne constitue pas une base pour discuter de mesures sérieuses», a-t-il déclaré, avant d'ajouter:

«C'est pourquoi la Grèce doit d'abord clarifier ses positions sur ce qu'elle veut vraiment et ensuite nous devrons en parler, dans un contexte qui s'est nettement dégradé.»

En 2011, la Grèce avait déjà renoncé à un référendum

Mercredi 1er juillet, 13h10. Comme nous l'expliquions le week-end dernier, un référendum annulé ne serait pas une première pour la Grèce. En octobre 2011, le Premier ministre Pasok (socialiste) George Papandréou avait voulu organiser un référendum sur le plan de sauvetage de l'économie grecque adopté par le Conseil européen, qui était assorti de mesures de contrôle drastiques de l'UE et du FMI. Les dirigeants européens, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en tête, avaient fini par imposer à Athènes que la seule question sur laquelle un éventuel référendum pourrait avoir lieu serait l'appartenance ou non du pays à la Zone euro («Nous devons tuer ce référendum», aurait déclaré José Luis Manuel Barroso).

Papandréou avait finalement renoncé, le 3 novembre 2011, à son projet de référendum, après avoir obtenu un vote de confiance extrêmement serré de la Vouli et engagé des pourparlers avec l'opposition de droite, qui avaient abouti à son départ du pouvoir et son remplacement par un gouvernement de technocrates emmené par Lucas Papademos.

Alexis Tsipras fait volte-face et accepte les conditions de la Commission européenne

Mercredi 1er juillet, 13h00. Coup de poker! Quelques heures à peine avant la déclaration officielle du défaut de paiement grec, le Premier ministre du pays, Alexis Tsipras, a amorcé un nouveau retournement dans ses discussions avec les dirigeants de la Commission européenne

Dans une lettre que s'est procuré le Financial Times (et dont l'authencité a été confirmée par le gouvernement) et envoyée à Jean-Claude Juncker, Mario Draghi et Christine Lagarde, le dirigeant grec a décidé de céder sur de nombreux points exigés par les créanciers internationaux et d'accepter les dernières propositions de la Commission européenne à raison de légers amendements. 

Qu'il s'agisse des réformes structurelles de la fiscalité, des pensions ou du marché du travail, Alexis Tsipras n'a pas trouvé grand-chose à redire, si ce n'est quelques changements mineurs ou des demandes de délais supplémentaires. 

«Comme vous le noterez, écrit-il, nos amendements sont concrets et respectent la robustesse et la crédibilité de la conception globale du programme.»

Il a néanmoins demandé de faire exception pour les îles, avec une réduction de 30% des taxes demandées, car celles-ci connaissent des difficultés d'approvisionnement. 

La chancelière allemande Angela Merkel devra également revenir sur sa position excluant toutes nouvelles négociations d'ici au référendum prévu ce dimanche. Une réunion téléphonique de l'Eurogroupe est prévue ce mercredi à 17h30 pour discuter des conditions d'Alexis Tsipras.

En cas d'accord, le Premier ministre grec devrait donc militer pour une victoire du oui au référendum à moins que celui-ci soit tout bonnement annulé. Il pourrait prendre la parole dans les prochaines minutes pour s'expliquer. 

 

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