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Le 28 octobre 1940, ou la signification particulière du «non» en Grèce

Le poing d'Alexis Tsipras, après sa victoire aux élections à Athènes, le 25 janvier 2015 | REUTERS/Giorgos Moutafis

Le poing d'Alexis Tsipras, après sa victoire aux élections à Athènes, le 25 janvier 2015 | REUTERS/Giorgos Moutafis

Si le camp du «non» est si fort en Grèce, c'est aussi parce que cela fait partie de l'histoire du pays que de s'opposer à des injonctions étrangères.

Le référendum qui doit se tenir le dimanche 5 juillet doit permettre aux Grecs de donner leur avis sur les propositions de leurs créanciers. Et, malgré les manifestations en faveur du «oui» mardi 30 juin au soir, c'est bien le camp du «non» qui pourrait l'emporter, comme le raconte Europe 1:

«Du côté des sondeurs, le rapport de force est inversé: un sondage réalisé par l'institut ProRata pour le quotidien Efimerida Ton Synatkton donne une nette avance au camp du non, crédité de 54% des intentions de vote, contre 33% en faveur du oui

Et si le «non» est si fort en Grèce, c'est aussi parce que cela fait partie de l'histoire du pays que de s'opposer à des injonctions étrangères. Le journal en ligne espagnol La Marea raconte cette histoire:

«Le mot non est rempli d'une signification patriotique en Grèce, et le Premier ministre Alexis Tsipras le sait. Tous les 28 octobre, les Grecs célèbrent le Jour du Non. C'est une fête nationale. Ils commémorent la résistance à l'invasion germano-italienne lors de la Seconde Guerre mondiale.

 

En 1940, Mussolini, via son ambassadeur à Athènes, lança un ultimatum au Premier ministre Ioannis Metaxas. Il devait laisser les troupes de l'Axe prendre position sur le territoire grec. L'ultimatum fut présenté à l'ambassade... d'Allemagne. Si Metaxas ne cédait pas, la Grèce serait envahie. La réponse du Premier ministre grec à l'ultimatum de l'Italie et de l'Allemagne fut un laconique non. Et la guerre éclata.»

La romance du «non»

Open Democracy explique de son côté que tout cela a depuis été romancé quelque peu:

«Metxas était en réalité un assez sale dictateur lui-même et sa réponse était probablement un peu plus longue qu'un non laconique. Mais le symbolisme d'une nation qui décide pour elle-même est resté. Ce fut un moment de grande dignité, de courage moral et d'affirmation de son droit à l'autodétermination face à une occupation étrangère.»

Symbolique d’une nation qui décide pour elle-même

Pourtant, les deux articles sont d'accord sur un point. En jouant sur cet aspect-là, Alexis Tsipras –qui a fait savoir qu'il souhaitait une victoire du «non» pour mieux renégocier ensuite– joue très bien le jeu. Pour Open Democracy, il «insinue une connexion avec le célèbre Ohi [non, en grec] sans le dire»:

«À l'inverse, l'opposition et les médias se grattent la tête pour essayer de trouver comment faire du oui un slogan positif.»

À noter cependant qu'il est toujours possible que le référendum n'ait pas lieu si un accord est trouvé avant entre les deux parties. Comme l'expliquait 20minutes, en début de matinée, dans son live, «lors de la conférence téléphonique de l'Eurogroupe qui s'est tenue dans la soirée, les autres ministres des Finances de la Zone euro ont demandé à la Grèce quel pourrait être le lien entre la nouvelle demande d'aide d'Athènes et le référendum. La réponse a été que la question pourrait être modifiée “ou le référendum suspendu”, a expliqué une source. Réponse ce mercredi avec l'examen de la dernière proposition grecque».

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