Culture

Construire une ville à partir de rien: une belle idée... sur le papier

Temps de lecture : 2 min

Dans le monde entier, des décideurs politiques lancent de vastes projets urbains. Mais les écueils à éviter sont nombreux. Florilège.

Vue de Fatehpur Sikri Amitsalla via Wikimedia CC License by
Vue de Fatehpur Sikri Amitsalla via Wikimedia CC License by

Vitrines commerciales et diplomatiques, projets politiques, symboles de l’entrée de tout un pays dans une nouvelle ère, possibilités de désengorger les mégapoles déjà existantes, les raisons de construire des villes à partir de rien ne manquent pas. Le Guardian donne la marche à suivre pour faire naître une cité ex-nihilo.

Le premier enseignement à retenir tient bien sûr au choix de la localisation. Au XXIe siècle, les hommes sont présents à peu partout sur le globe. Que nous reste-t-il? Principalement les déserts, comme pour l’emplacement de la future capitale égyptienne, ou la jungle, comme pour Oyala, la prochaine capitale de la Guinée-Équatoriale rêvée par le dictateur local.

Des villes sans âmes?

Il y a pléthore de choses auxquelles penser au moment de poser les pierres d’une ville privée d’histoire: proposer un réseau de transports denses, en faire un paradis de l’écologie, y diversifier le marché du travail, adopter un parti-pris culturel.

Les cités du type
de Brasilia,
si rationnelles
dans leurs avenues géométriques, n’obtiendront jamais la touche humaine

Les écueils à éviter sont très nombreux la prétention quand on a cette idée un peu folle de fonder la ville idéale. Par exemple, les risques de ne fabriquer rien d’autre qu’un ghetto pour riches sont grands dans ces projets très coûteux à rentabiliser très vite.

Enfin, l’accès à l’eau potable est peut-être le point le plus important. L’article raconte l’histoire de Fatehpur Sikri édifiée à la fin du XVIe siècle par l’empereur Akbar. Après n’avoir rien ménagé pour que la ville vît le jour, l’administration impériale a été contrainte de la faire évacuer. L’approvisionnement en eau était de beaucoup insuffisant.

En partant de l’exemple de Brasilia, capitale du Brésil sortie de terre en trois ans et demie et inaugurée en 1960, le site de la BBC a détaillé quelques exemples de villes nouvelles. Et Akbar n’est pas le seul à avoir raté son coup. Selon le journaliste, Brasilia n’est jamais parvenue à reprendre à Rio l’incarnation de l’âme national et le week-end de nombreuses familles se retrouvent à l’aéroport pour gagner la côte. Plus largement, l’article relève que les cités du type de Brasilia, si rationnelles dans leurs avenues géométriques, n’obtiendront jamais la touche humaine qui caractérise leurs grandes sœurs comme Rome, Paris, Londres, Moscou etc.

Slate.fr

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