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Charles Pasqua, le «faux Fernandel», est mort à l’âge de 88 ans

Charles Pasqua en 2010. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Charles Pasqua en 2010. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Retour sur sa carrière en vidéos.

La famille de Charles Pasqua a annoncé dans un communiqué envoyé au journal Le Point que l’ancien ministre de l’Intérieur était décédé lundi 29 juin des suites d’une crise cardiaque. Il avait 88 ans. 

Sa carrière, on pourrait la faire commencer à ses 15 ans, quand il entre en résistance. C'est déjà de la politique, et c'est déjà un lien avec De Gaulle –pour qui il cofondra ensuite le Service d'action civique (SAC), une association controversée.

1968: l'année des législatives largement remportées par les gaullistes UDR, mettant une raclée à l'opposition, Pasqua prend quartiers dans son fief des Hauts-de-Seine. Il en deviendra député puis sénateur et président du conseil général...

Il participera ensuite à la fondation du RPR, et deviendra le puissant ministre de l'Intérieur que l'on a en mémoire, de 1986 à 1988 et de 1993 à 1995. Des mandats de droite dure, marqués par la répression: des manifestations contre le projet de loi Devaquet, des mesures contre les immigrés

Plus tard, à la mort du RPR, il passera UMP, pour devenir député, puis sénateur. Il en critiquait en 2014 les hésitations idéologiques: 

«l'UMP est un mélange, c'est un rassemblement de gaullistes et de centristes. On ne peut pas dire que tout ça soit un amalgame parfait. Il faut bien reconnaître ça.»

Et au congrès fondateur des Républicains, Pasqua était venu apporter son soutien

 

 

Et de cette très longue carrière, beaucoup retiendront les affaires, ses tirades, son accent du sud, et son imperméabilité face aux attaques, qu’elles viennent des médias, des juges ou de ses adversaires politiques. Le site de l’INA regorge de plusieurs de ses moments, montrant les coups d’éclats comme les zones d’ombre de l’homme politique Pasqua. 

Une vidéo, datée du 6 septembre 1986, prend une dimension particulière aujourd’hui. Au lendemain d’attentats commis contre la France, il va évoquer une «guerre» contre le terrorisme, comme le fera Manuel Valls au lendemain des attentats de Charlie Hebdo en janvier 2015. 

 

En 1987, après s'en être pris aux indépendantistes corses en les qualifiant de «terroristes», le ministre Charles Pasqua s'est rendu à Ajaccio pour donner un discours sur les troubles en cours sur l'île. Malgré l'hostilité de la foule et plusieurs explosions à proximité, il restera impassible.  

 

Autre moment de sa carrière qui garde un écho avec l'actualité politique récente: les sondages secrets des renseignements généraux à propos de Jacques Chirac en 1988. Un passage dans L'Heure de Vérité qui lui a valu le surnom de «faux Fernandel» de la part du socialiste Jack Lang.

 

1993. Charles Pasqua fait son retour au ministère de l'Intérieur dans le gouvernement Balladur. Antenne 2 lui consacre un portrait, le présentant comme «cultivant volontiers son accent méditerranéen, son côté convivial et expensif mais il est aussi secret et mystérieux.»

 

Autre sujet résonnant avec l'actualité: la place de l'Islam en France, et son intégration. Charles Pasqua avait inauguré en 1994 une nouvelle mosquée à Lyon, dont la salle de prières pouvait accueillir plus de 2000 personnes, et qui ravissait les fidèles interrogés dans ce reportage. Quelques mois plus tard, en janvier 1995, il reconnaissait officiellement la grande mosquée de Paris en tant qu'instance fédératrice d'un «islam de France». 

 

Autre moment de sa carrière, autres affaires. En mai 2001, il revient sur le plateau de France sur sa double mise en examen dans l’affaire de son financement de campagnes pour les élections européennes et dans celle des ventes d’armes en Angola. «Il n’y a rien», martelait-il à l’époque, inflexible. 

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