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Une coopérative laitière lance une campagne contre le «fromage américain»

Capture d’écran de la vidéo de la campagne de Tillamook.

Capture d’écran de la vidéo de la campagne de Tillamook.

Le pseudo-fromage bien orange et industriel qui garnit les hamburgers reçoit aux États-Unis le qualificatif d'«américain». Tillamook, une coopérative qui fabrique du cheddar dans les règles de l'art, se bat contre cette appellation.

Aux États-Unis, on appelle «american cheese» (fromage américain) ces tranches d’une couleur orange quasi fluo, à la texture caoutchouteuse, souvent conditionnées sous plastique et qui fondent très bien dans les hamburgers ou les «grilled cheese». Mais selon la coopérative laitière Tillamook (qui produit du fromage, mais aussi des glaces, de la crème, des yaourts...), ces choses-là ne sont vraiment pas dignes de porter le qualificatif d’américain.

L’agence 72andSunny a donc créé, pour le compte de Tillamook, une campagne visant à récolter 100.000 signatures (le nombre requis pour mériter une réponse de Washington) afin d’exhorter la Maison Blanche à supprimer cette indication de nationalité à ce fromage très industriel, jugé «anti-américain».

Comme le raconte le site Mashable, la campagne comprend entre autres un montage vidéo montrant Abraham Lincoln assez en colère, embrochant des tranches de fromages «américain» avec son épée tout en chevauchant un grizzli.

 

Et un court manifeste réclame un urgent changement d'appellation: 

«Par respect pour le dur travail et l’intégrité sur lesquels notre nation est construite, nous demandons respectueusement que ces trompeuses tranches industrielles, enveloppées dans du plastique, soit dépouillées du nom de l’Amérique.»

Nourriture 100% naturelle

John Russell, habile directeur marketing de Tillamook, explique à Mashable:

«Nous pensons que quelque chose appelé “américain” devrait être à 100% naturel, et le “fromage américain” ne l’est certainement pas.»

Il parle d'opposition entre la vraie et la fausse nourriture, à un moment pertinent… En effet, cette campagne arrive à point nommé pour la fête nationale américaine. « Le week-end du 4 juillet est le point culminant de la consommation de fromage dans l’année, plus de 153 millions d’Américains vont faire des barbecues et des pique-niques», explique Eater. Tillamook entend donc en profiter pour leur faire réfléchir au contenu et au nom de ces tranches orangées garnissants leurs festifs hamburgers. 

C’est bien sûr une grosse pub pour Tillamook, qui conseille, à la place, d’acheter son vrai cheddar américain (qui contient du lait, du sel, des enzymes et du roucou pour la couleur). Mais la pétition a tout de même récolté, à ce jour, 2637 signatures.

Citrate de sodium, gélatine et acide lactique

Le «fromage américain» n’est techniquement pas vraiment du fromage. Comme il contient moins de 51% de fromage (mais du citrate de sodium, de la gélatine ou de l’acide lactique), la FDA (Federal Drug Administration, l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) exige déjà que l’étiquette précise qu’il s’agit non pas d'un fromage, mais d’un «produit au fromage fondu» ou d'un «produit au fromage pasteurisé». Certaines marques utilisent le terme «imitation» ou «fromage préparé». D’autres sont encore plus vagues et inscrivent «tranches à sandwich» sur les emballages.

En France, nous avons à peu de chose près les mêmes spécimens, des «tranches» à hamburger, du «fromage fondu Hamburger» ou encore la fameuse Toastinette: pour fabriquer tout ça, on utilise aussi des listes d’ingrédients à rallonge, comprenant entre autres du fromage (un peu, quand même), du beurre, du lactosérum, du sorbate de potassium en guise de conservateur, des colorants ou encore des épaississants.

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