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Mariage gay: Jim Obergefell, le veuf qui va laisser son nom dans l'histoire des Etats-Unis

Jim Obergefell devant la Cour suprême, le 18 juin 2015. REUTERS/Carlos Barria.

Jim Obergefell devant la Cour suprême, le 18 juin 2015. REUTERS/Carlos Barria.

Il y avait Oliver L. Brown, le plaignant dont le recours a donné lieu en 1954 à l'arrêt de la Cour suprême Brown v. Board of Education, qui a rendu inconstitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles publiques américaines. Il y avait Norma McCorvey, la femme dont la plainte, sous le nom de code «Jane Roe», a entraîné l'arrêt de 1973 Roe v. Wade légalisant l'avortement. Il y aura désormais Jim Obergefell, l'homme dont le nom restera associé à l'arrêt Obergefell v. Hodges, par lequel la Cour suprême a fait du mariage entre personnes de même sexe un droit constitutionnel, vendredi 26 juin.

Cet homme qui est passé «d'agent immobilier à icône des droits civiques», selon l'expression du Washington Post, a raconté au magazine People comment, vêtu d'un nœeud papillon violet et blanc, il a vécu la lecture de l'arrêt par le juge Anthony M. Kennedy, chef de file de la majorité des juges (5 contre 4) sur ce dossier:

«J'avais appris par cœur notre numéro de dossier donc quand il l'a dit à haute voix, j'ai eu ce bref moment de panique où j'ai bondi de mon siège en piaillant. J'ai juste commencé à pleurer et je n'ai pas arrêté. Je me sentais juste si bien, là en train d'entendre un juge de la Cour suprême en train de décrire la façon dont notre mariage, notre relation et des relations comme la nôtre méritent le respect.»

Le Washington Post raconte comment il a vécu les minutes qui ont suivi la lecture de l'arrêt:

«Il a posté sur Facebook: "NOUS AVONS GAGNÉ!!!!!"

 

[...]

 

Il a descendu les marches de la Cour au son d'un tonnerre de félicitations. Des gens ont chanté l'hymne national. Il y eu des embrassades, des discours et des interviews.»

Et alors qu'Obergefell était justement au milieu d'une interview avec CNN, Barack Obama l'a appelé:

«Je voulais juste vous présenter mes félicitations. Votre détermination sur ce dossier a changé notre pays.»


Jim Obergefell parle de son «mariage» ou de sa «relation», mais son cas présente une différence majeure avec ceux des autres plaignants qui ont été «associés» à son recours: et qui voulaient faire reconnaître une adoption en commun ou leur mariage dans un autre Etat: il est veuf.

Comme le raconte Newsweek, en 2013, il vivait en couple depuis vingt ans avec son compagnon John Arthur, atteint de la maladie de Charcot en phase terminale, quand la Cour suprême a jugé inconstitutionnelle le Defense of Marriage Act (DOMA), la loi fédérale qui définissait le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme. Les deux hommes se sont alors mariés dans le Maryland, qui reconnaissait l'union des couples de même sexe, mais Jim Obergefell a ensuite rencontré des résistances de son Etat de résidence, l'Ohio, qui ne reconnaît pas le mariage gay, quand il a voulu pouvoir bénéficier du statut d'«époux survivant» après la mort d'Arthur (survenue le 22 octobre 2013). Il a gagné en première instance puis perdu en appel, avant de porter l'affaire devant la Cour suprême.


Après l'arrêt de cette dernière, Obergefell a lu une lettre ouverte:

«Mon époux John est mort il y a vingt mois, ce qui veut dire que nous ne pourrons pas célébrer ensemble la décision de la Cour suprême dans le dossier qui porte mon nom, Obergefell v. Hodges. [...] Je peux enfin me rassurer en sachant que l'Ohio ne pourra jamais effacer notre mariage du certificat de décès de John, et que mon époux peut maintenant vraiment reposer en paix.»

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