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Les tirs au but se jouent à cinq tireurs et deux gardiens, et à la fin ce sont les Allemand(e)s qui gagnent

La gardienne allemande Nadine Angerer réalise le seul arrêt de la séance de tirs au but contre la France, le 26 juin 2015 à Montréal. Eric Bolte-USA TODAY Sports.

La gardienne allemande Nadine Angerer réalise le seul arrêt de la séance de tirs au but contre la France, le 26 juin 2015 à Montréal. Eric Bolte-USA TODAY Sports.

Si la défaite de l'équipe de France de football féminin en quart de finale de la Coupe du monde contre l'Allemagne (1-1, 4-5 t.a.b.) peut-être vue comme une injustice –la France a dominé le match, a concédé un penalty très sévère et a raté une occasion hallucinante dans les dernières secondes–, le dénouement final ne constitue pas une grande surprise: on savait que les Allemands sont les rois des tirs au but dans les compétitions internationales, et les Allemandes ne sont donc pas maladroites dans l'exercice non plus. Au point que l'on pourrait reformuler la célèbre citation de Gary Lineker («Le football est un jeu simple: 22 hommes se disputent le ballon pendant 90 minutes, et à la fin c'est l'Allemagne qui gagne) en «Les tirs au but se jouent à cinq tireurs et deux gardiens, et à la fin ce sont les Allemand(e)s qui gagnent».

A elles deux, les deux sélections, sextuples championnes du monde (quatre titres pour les hommes, deux titres pour les femmes) et onze fois championnes d'Europe (trois titres pour les hommes, huit pour les femmes) ont disputé neuf séances dans les deux compétitions depuis 1976 et en ont gagné sept, soit un taux de victoire de près de 80%. Chez les hommes, un seul gardien a réussi, sur toute cette période, à stopper un tir au but allemand, le Français Jean-Luc Ettori en 1982 à Séville (ce qui n'a pas empêché la France de perdre, tandis que la RFA s'était inclinée en 1976 en finale de l'Euro face à la Tchécoslovaquie sur un tir au-dessus de Hoeness). Soit un taux de réussite de 93%!

Chez les femmes, les Allemandes comptaient deux expériences dans cet exercice, à chaque fois en demi-finale du Championnat d'Europe contre l'Italie. En 1993, les Allemandes avaient été éliminées; en revanche, en 1989, elles l'avaient emporté lors d'une rencontre qui est rentrée dans la légende du foot féminin allemand, la gardienne Marion Isbert arrêtant trois tirs au but avant d'inscrire elle-même le dernier tir. Comme l'expliquait au site officiel de l'UEFA la capitaine de la sélection, Silvia Neid:

«C'était un moment-clef car le tournoi a fini par susciter un grand intérêt en Allemagne. La demi-finale contre l'Italie a été le premier match de football féminin jamais diffusé en direct à la télévision allemande.»

Autre preuve qu'il n'y pas autant de hasard qu'on veut le croire dans l'exercice des tirs au but (des chercheurs ont avancé l'hypothèse comme quoi la culture «collective» du football allemand l'avantagerait en la matière), la piètre performance de l'Angleterre dans ce domaine, chez les hommes comme chez les femmes. Chez les hommes, la sélection a ainsi été éliminée des Coupes du monde 1990, 1998 et 2006 et des Euros 1996, 2004 et 2012, remportant une séance sur sept. Chez les femmes, l'Angleterre a ainsi perdu la finale du premier Championnat d'Europe, contre la Suède en 1984, et s'est inclinée en quart de finale de la Coupe du monde 2011 contre la France.

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