Économie / Monde

En 2011, la Grèce avait échoué à organiser un référendum sur les mesures d'austérité

Temps de lecture : 2 min

Georges Papandréou à la sortie du G20 de Cannes, le 2 novembre 2011.
Georges Papandréou à la sortie du G20 de Cannes, le 2 novembre 2011.

Ne (oui) ou Oxi (non)? Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé, dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 juin, la tenue d'un référendum sur les mesures d'austérité demandées par les créanciers de la Grèce. Il s'agit, selon Reuters, «du rebondissement le plus dramatique pour l'instant en cinq mois de négociations, [...] qui plonge cette nation asphyxiée dans des eaux inconnues».

Comme le note l'agence, ce n'est pas la première fois qu'Athènes dégaine l'arme du référendum pour trancher une impasse sur la crise financière. Le 31 octobre 2011, le Premier ministre Pasok (socialistes) Georges Papandréou avait annoncé son intention d'organiser un référendum sur le plan de sauvetage de l'économie grecque adopté par le Conseil européen, qui était assorti de mesures de contrôle drastiques de l'UE et du FMI. Comme l'écrivait alors Libération, «en soumettant l’austérité à référendum, car au fond c’est de cela qu’il s’agira et non du plan lui-même, il demandera aux Grecs de trancher entre leur attachement à l’euro, qui est réel, et les sacrifices qu’il faut consentir pour y rester.» «Un pari trop risqué», jugeait alors dans le Guardian Costas Lapavitsas, devenu depuis député Syriza, tandis qu'Alexis Tsipras appelait à des législatives anticipées plutôt qu'à un référendum.

A l'époque, Papandréou avait à peine informé ses collègues européens de ses intentions, comme le racontait une longue enquête du Financial Times publiée en mai 2014. «Je me rappelle que la première chose qui m'a traversé l'esprit est: "J'espère qu'il l'a dit à Merkel"», expliquait un ministre, tandis qu'un conseiller de Nicolas Sarkozy racontait que son patron était «furieux» en apprenant la nouvelle. Lui et les principaux dirigeants de la zone euro avaient fini par imposer à Athènes que la seule question sur laquelle un éventuel référendum pourrait avoir lieu serait l'appartenance ou non du pays à la zone euro. «Nous devons tuer ce référendum», avait déclaré José Luis Manuel Barroso, alors président de la Commission européenne, à l'ancien vice-président de la BCE Lucas Papademos.

Papandréou avait finalement renoncé, le 3 novembre 2011, à son projet de référendum, après avoir obtenu un vote de confiance extrêmement serré de la Vouli et engagé des pourparlers avec l'opposition de droite. Des pourparlers qui avaient abouti à son départ du pouvoir et son remplacement par un gouvernement de technocrates emmené par Lucas Papademos.

Au-delà de débats qui peuvent paraître se répéter entre austérité et sortie de la Grèce de la zone euro, il existe plusieurs différences notables entre les deux situations. À l'époque, Georges Papandréou comptait organiser le référendum dans un délai d'un mois, là où Alexis Tsipras veut le convoquer le 5 juillet, alors que la Grèce fait face à une grosse échéance financière le 30 juin. Le Premier ministre Pasok souffrait d'une popularité en chute libre, à peine au-dessus de 20%, là où son successeur jouit encore d'une popularité élevée et est donné vainqueur en cas de législatives anticipées.

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