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Les réminiscences d’une scolarité raciste racontée par une Afro-Américaine

Une jeune femme durant une manifestation contre le drapeau confédéré aux États-Unis | Reuters/Brian Snyder

Une jeune femme durant une manifestation contre le drapeau confédéré aux États-Unis | Reuters/Brian Snyder

Dix ans après avoir quitté son lycée du Kentucky, une jeune femme afro-américaine y est retournée pour une réunion d’anciens élèves. L’occasion de revenir sur une scolarité teintée de racisme.

Aux États-Unis, on appelle ça les «high school reunions», les réunions d’anciens élèves. Celle à laquelle a assisté Akilah Hughes est un peu particulière. Ancienne élève d’un lycée de la ville de Florence dans le Kentucky, elle a vécu le racisme anti-noir et l’amour du drapeau confédéré. Mais elle a quand même décidé de retourner voir ses anciens camarades de classe.

Pourtant, beaucoup n’étaient apparemment pas tendres avec les adolescents issus de la communauté noire. Le racisme était quotidien et on ne cachait pas sa nostalgie pour le passé ségrégationniste.

«Quand j’étais au lycée, j’étais l’une des, disons, 80 enfants noirs (et encore je suis généreuse) sur une population d’environ 2.000 élèves. Il était rare de croiser d’autres élèves noirs et être en classe avec un seul d’entre eux relevait presque de l’impossible. Quand vous êtes le seul enfant noir, vous représentez la diversité alors qu’au lycée rien n’est plus important que de s’intégrer et de se faire discret. Pour moi c’était impossible en raison de la couleur de ma peau.» 

T-shirt «Le Sud se relèvera», drapeau confédéré, références historiques assumées au passé sudiste dans certains cours... Autant de souvenirs qui l’ont amenée à se demander si elle faisait bien de remuer le passé.

Ont-ils changé?

«Lorsque je me suis envolée pour le Kentucky dans le week-end, je n’arrivais plus à dormir. J’ai été nerveuse pendant une bonne partie de la journée. Je n’arrêtais pas de penser à l’attaque raciste qui avait eu lieu en Caroline du Sud et à l’idéologie du tireur, qui me rappelait tant de conversations que j’entendais à l’école. J’ai même commencé à me demander pourquoi j’y retournais.»

L’idéologie du tireur de Caroline du Sud me rappelait des conversations que j’entendais à l’école

Akilah Hughes

Finalement, elle s’est retrouvée au milieu d’anciens camarades devenus adultes avec une question: ont-ils changé? Malgré des conversations légères et une ambiance détendue, elle explique ne pas avoir trouvé de réponse à son interrogation: 

«Les anciens camarades à qui j’ai parlé ne me semblaient pas racistes en apparence, peut-être qu’ils ne l’étaient plus avec l’âge ou qu’ils retenaient cette haine profonde avec laquelle ils avaient grandi le temps d’une conversation avec moi.»

En tout cas, personne n’a dit mot sur la tragédie qui avait frappé la ville de Charleston la même semaine.   

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