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Attentat en Isère: la France compte environ 500.000 installations dites «sensibles»

Vue générale de l'usine Air Products à Saint-Quentin-Fallavier. Emmanuel Foudrot/REUTERS

Vue générale de l'usine Air Products à Saint-Quentin-Fallavier. Emmanuel Foudrot/REUTERS

L'entreprise Air Products, qui vient d'être l'objet d'un attentat en Isère, était classée Seveso. Manuel Valls a aussitôt demandé le renforcement de la vigilance autour des sites sensibles de la région.

Air Products, cible d’une attaque ce vendredi 26 juin, est une entreprise américaine qui produit des gaz industriels à Saint-Quentin-Fallavier, à environ 20 kilomètres de Lyon. Selon l’AFP, le suspect principal de l'attaque aurait pénétré dans l'entreprise avant dde faire sauter plusieurs bonbonnes de gaz, provoquant une déflagration.

En conséquence, le Premier ministre, Manuel Valls, a vite ordonné une «vigilance renforcée» sur tous les sites sensibles de Rhône-Alpes. Le site Air Products est effectivement classé A (seuil bas) selon la directive Seveso. Mais ce terme «sensible» est assez large pour recouvrir des réalités très diverses.

1.200 sites Seveso en France

Seveso est le nom donné aux directives européennes (la troisième mouture est entrée en vigueur le 1er juin dernier) chargées d’évaluer et prévenir les risques industriels, écologiques et sanitaires présentés par certaines installations. Elles tirent leur nom de la catastrophe survenue en 1976, durant laquelle le réacteur d’une usine chimique avait libéré un nuage de dioxine (molécules nocives) sur la Lombardie, et notamment le village de Seveso.

Les installations concernées sont divisées en deux catégories. Air Products, qui comptait peu de produits chimiques dangereux, appartient à la catégorie A, ou seuil bas, qualifiant les sites les moins périlleux. Il existe aussi une catégorie AS, ou seuil haut, à surveiller de plus près. Les installations AS sont réexaminées tous les cinq ans par un des quelque 1.500 inspecteurs dévolus à la surveillance des sites Seveso.

Près de 1.200 installations du territoire français sont repertoriées Seveso, rapporte Le Monde. 640 relèvent du seuil haut tandis que 540 relèvent du seuil bas. Les entreprises Seveso sont tenues d’être déclarées en préfecture avant leur mise en service et d’observer des conditions drastiques dans la conservation et l'utilisation des produits chimiques. A noter que depuis la réforme de juin 2015, la vigilance autour de l’ensemble des sites Seveso a été renforcée.

Des ateliers, des chantiers aussi considérés comme sensibles

Mais cet adjectif «sensible» excède les seules entreprises chimiques ou nucléaires. Le ministère de l’Écologie et du Développement durable définit ainsi les installations classées en raison de leur «sensibilité»:

«Les installations classées sont "toutes les installations (usines, ateliers, dépôts, chantiers) pouvant présenter des dangers ou des inconvénients pour la commodité, la santé, la sécurité, la salubrité publique, l'agriculture, l'environnement, la conservation des sites et des monuments, ainsi que des éléments du patrimoine archéologique".»

Partant, il y a pas moins de 500.000 installations de ce type en France. Il s’agit du nombre total des structures que l’Etat surveille et non des sites, car un seul site comprend souvent plusieurs installations sur lesquelles garder un œil. Celles-ci sont divisées, à partir d'une nomenclature régulièrement retouchée (jusqu’à trois décrets par an), selon les secteurs d’activité (l’agro-alimentaire par exemple, le traitement des déchets et même la production de bois) et les nuisances qu’elles peuvent représenter suivant les substances dont elles disposent. 

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