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Les deux têtes de l'exécutif en voyage à l'étranger, une situation qui s'est banalisée

François Hollande et Manuel Valls | Reuters/POOL New.

François Hollande et Manuel Valls | Reuters/POOL New.

Il n’a pas fallu longtemps pour que les critiques sur le gouvernement fusent suite à l’attaque terroriste qui a fait un mort, vendredi 26 juin, dans l’enceinte de l’entreprise Airproducts sur la commune de Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Isabelle Balkany, première adjointe à la mairie de Levallois-Perret, a ainsi reproché à François Hollande et Manuel Valls d'être simultanément absents du territoire national.

Si la situation n’était pas inquiétante, le Président participant à un sommet européen à Bruxelles, c’est-à-dire à moins d’une heure d’avion de Paris (le Premier ministre, lui, était en Colombie), la question a le mérite d’être posée sur le plan juridique et politique.

«Il faut distinguer le droit et l’usage, explique le politologue Thomas Guénolé. Le droit n’interdit pas, en aucune façon, au président de la République et au Premier ministre de ne pas être présents au même moment sur le territoire. Ça s’est déjà produit, et dans ce cas c’est le ministre de l’Intérieur qui prend le relais.»

Un usage, pas une règle

Pour ce qui est de l’usage, il était par exemple de tradition sous le mandat de Valéry Giscard d’Estaing, président de la République de 1974 à 1981, de faire en sorte que les deux plus hauts responsables de l’État ne soient pas absents en même temps. «Mais cela n’avait pas valeur de règle», continue le politologue.

Valéry Giscard d’Estaing s’était d’ailleurs ému, lors de l’été 1998, que le Premier ministre Lionel Jospin et le président de la République Jacques Chirac soient partis en vacances au même moment à l'étranger. Ses propos avaient été rapportés à l’époque par France Soir:

«Le général de Gaulle avait posé le principe que l'un des deux premiers personnages de l'Etat devait rester constamment présent sur le territoire national pour faire face à une situation d'urgence.»

Depuis, l’absence simultanée des deux figures, par exemple pour la coupure estivale, s’est banalisée. Au cours des dernières années, il est arrivé que le président et le Premier ministre partent simultanément en vacances, par exemple en 2008, lorsque Nicolas Sarkozy était en vacances au Brésil et François Fillon en Égypte. À l'époque, c’est Michèle Alliot-Marie, numéro trois du gouvernement, qui avait pris les commandes. 

Une situation différente aux États-Unis

Le même phénomène est regardé plus attentivement aux États-Unis. En mars 2013, fait rare, Barack Obama, partant pour Israël, et Joe Biden, de retour d'un voyage à Rome pour la cérémonie d’installation du pape François, s'étaient trouvés simultanément hors du territoire américain pendant un peu plus d'une heure. Là-bas, ce genre de cas est souvent jugé plus grave, indique Thomas Guénolé:

«Aux États-Unis, c’est très particulier parce qu’il n’y a qu’un seul chef de l’exécutif et le vice-président sert à remplacer le président s'il lui arrive quelque chose. L’usage, c’est justement qu’ils ne soient pas au même endroit le plus souvent possible, mais pas en dehors du pays simultanément.»

 

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