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Attentat en Isère: le suspect a envoyé un selfie avec la tête de sa victime

Une interpellation à Saint-Priest, le 26 juin 2015. REUTERS/Emmanuel Foudrot.

Une interpellation à Saint-Priest, le 26 juin 2015. REUTERS/Emmanuel Foudrot.

24 heures après, ce qu'on sait des évènements de Saint-Quentin-Fallavier.

Voici ce qu'on sait, 24 heures après, de l'attaque qui a eu lieu, vendredi 26 juin un peu avant 10 heures, sur un site de l’entreprise Air Products, une société spécialisée dans la fourniture de gaz industriels et de produits chimiques, à Saint-Quentin-Fallavier (Isère).

1.L'attaque

Le scénario de l'attaque est notamment résumé par Le Figaro et par M6. Connu dans l'entreprise, le suspect, Yassin Salhi, qui travaillait pour une société de transport, est entré dans l’usine à 9h28 à bord d’une camionnette. Il a ensuite foncé sur un grillage puis sur des bonbonnes de gaz, provoquant une déflagration, avant de descendre et de se diriger vers un hangar où il a tenté de mettre le feu à d'autres bonbonnes. Il a alors été appréhendé par les pompiers arrivés sur place.


Une patrouille de la gendarmerie départementale a découvert une tête décapitée attachée au grillage de l'usine, entourée de deux bannières portant la shahada, la profession de foi musulmane. La victime, Hervé Cornara, 54 ans, était le patron de ATC-Colicom, une société de transport express de la banlieue lyonnaise pour laquelle travaillait le suspect. Selon M6 et BFM TV, la victime présentait des traces de strangulation et de coups et la décapitation aurait eu lieu post-mortem. D'après des sources proches du dossier citées par l'AFP, le suspect aurait envoyé par téléphone un selfie avec la tête de sa victime, via l'application WhatsApp.

Le site de l'entreprise était classé A (seuil bas) selon la directive Seveso, qui définit les sites sensibles. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a ordonné une «vigilance renforcée» sur tous les sites sensibles de Rhône-Alpes.

2.Le suspect

Yassin Salhi, 35 ans, était connu des services de renseignements et a fait «l'objet d'une fiche "S",  qui signifie "sûreté de l'Etat"» entre 2006 et 2008 en raison de ses liens avec la mouvance salafiste, a expliqué le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Selon Le Parisien, il a été une nouvelle fois repéré en 2013 et 2014 pour des liens supposés avec des salafistes, donnant lieu à des notes des services de renseignement –Le Monde évoque à son propos une «surveillance en pointillés». D'après Libération, à Pontarlier, où il est né, «Yassin Salhi était connu pour sa proximité avec un homme surnommé "Grand Ali", passé par l’Egypte et accusé d’avoir participé à un attentat en Indonésie». Ce père de trois enfants n'avait aucun casier judiciaire.

A Saint-Priest (Rhône), où il vivait, comme à Pontarlier ou Besançon (Doubs), où il a vécu, ses voisins ou connaissances ont fait part de leur incompréhension quand au geste attribué à cet homme décrit comme discret. Interrogée par Europe 1, avant d'être placée en garde à vue, son épouse a assuré que son mari n’avait aucun «passé de violences, il est très calme».

«Le parquet s'est saisi de l'affaire, notamment des chefs d'assassinat et tentatives assistanats en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste, a expliqué en début de soirée vendredi François Molins, procureur de la République de Paris. De très nombreuses investigations sont actuellement en cours.» Aucune information ne permet pour l’instant d'affirmer qu’il s’agit d’un attentat lié au groupe Etat islamique. A l'heure actuelle, Yassin Salhi est resté muet pendant sa garde à vue, qui pourrait durer 4 à 6 jours.

 

La police judiciaire intervient au siège d'Air Products, le 26 juin. Une explosion a eu lieu vendredi matin dans l'usine de produits chimiques, à #Saint-Quentin-Fallavier, en #Isère. Un corps décapité a été retrouvé à proximité de l'usine, ainsi que des banderoles en arabe. Le ministre de l'intérieur, Bernard #Cazeneuve, se rend sur les lieux. Photo : Philippe [email protected] Suivre la situation en direct : > http://lemde.fr/1eLqT6V < #France #attentat #attack

Une photo publiée par Le Monde (@lemondefr) le

 

3.Les réactions

Le préfet de l’Isère et le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, se sont rapidement rendus sur les lieux. En déplacement en Colombie, Manuel Valls a écourté sa visite officielle en Amérique du Sud. François Hollande s'est exprimé dès 12h45 pour affirmer la nature terroriste de l'attaque:

«Cet attentat, c'est un véhicule conduit par une personne, peut-être accompagnée d'une autre, et qui à vive allure se projette sur cet établissement classé Seveso contenant des bouteilles de gaz. L'intention ne fait pas de doute: provoquer une explosion. L'attaque est de nature terroriste. Un cadavre décapité a été retrouvé, avec des inscriptions.»

Le Conseil restreint de défense s'est réuni à l'Elysée vendredi après matin, puis à nouveau samedi après-midi. Les heures qui ont suivi l'attentat ont été marquées par une vive polémique politique, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen réclamant tous les deux des mesures rapides de lutte contre le fondamentalisme islamiste.

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