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Un ancien policier de Baltimore évoque les horreurs de son métier

Nuit d'émeutes à Baltimore, en avril 2015 | REUTERS/Jim Bourg.

Nuit d'émeutes à Baltimore, en avril 2015 | REUTERS/Jim Bourg.

On est loin d’imaginer toutes les dérives de certains policiers américains.

Avant de reprendre ses études, Michael A. Wood Jr. était membre des forces de l’ordre à Baltimore, tristement célèbre depuis que certains policiers ont causé la mort de Freddie Gray lors d’une interpellation. Mais derrière ce fait divers et les manifestations qui ont suivi se cache un malaise bien plus profond, celui du fossé qui s’est creusé entre la police et les habitants.

C’est pour dénoncer les dérives de ses anciens collègues que Michael Wood a brisé le silence sur son compte Twitter, comme l’a relevé Vox.com. Il a décidé de faire la liste de choses qu’il a vues ou auxquelles il a participé, parfois contre son gré.

 

«Un inspecteur a giflé une femme complètement innocente qui lui était rentrée dedans en sortant d’une boutique qui vend du poulet.»

 

«Les caméras de sécurité de la ville qui se tournent quand un suspect est sur le point de se faire attraper.»

 

«Pisser et chier chez des suspects pendant des raids, sur leur lit et sur leurs vêtements.»

 

«Cibler des hommes noirs de 16 à 24 ans essentiellement parce que nous les arrêtons plus, ce qui encourage encore plus leurs arrestations.»

 

«Je ne me souviens pas de détails particuliers d’une personne se faisant fouiller illégalement, ça arrivait tous les jours.»

L’ex-policier avoue ne pas avoir été consterné par ces dérives car, selon lui, «c’est tellement commun qu’elles ne [lui] sont apparues que quand [il est] passé de l’autre côté».

Sortir du silence

Michael Wood n’est pas le premier à être sorti du silence après avoir rendu son badge. En décembre dernier, Redditt Hudson, ancien policier, a publié une tribune sur le Washington Post. Il a débuté en 1994 à Saint Louis, dans le Missouri, l’endroit même où Michael Brown, jeune homme noir, a été tué par un policier blanc. Et, à l’époque, il faisait déjà face à ses collègues:

«Je ne vais pas dire tous, mais beaucoup de mes pairs étaient profondément racistes.»

Il mentionne l’existence d’un site internet où ses collègues se lâchaient, laissant libre cours à leurs remarques racistes, nommant par exemple toute personne de couleur «racaille», qu’elle soit la victime ou juste un passant.

«Trop souvent, les officiers voyaient les jeunes noirs et métisses comme des cibles. Ils répondaient en utilisant la force, même quand l’offense était mineure. [...]

 

Le problème est que les policiers ne sont pas tenus responsables de leurs actes et ils le savent. […] Même quand ils se font attraper, ils savent que l’enquête sera menée par des amis et qu’ils seront mis à pieds et payés. Mes collègues se marraient en en parlant comme des vacances gratuites.»

Face à un système judiciaire qu’il juge corrompu, il a décidé de démissionner cinq ans plus tard, en 1999. Depuis, il tente de changer ce système, estimant qu’aujourd’hui plus que jamais, «il y a beaucoup à faire».

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