L’eau de mer pourrait devenir l’énergie renouvelable de demain

L'île Kangourou au sud de l'Australie. Stolz Gary M, U.S. Fish and Wildlife Service. Public domain.

L'île Kangourou au sud de l'Australie. Stolz Gary M, U.S. Fish and Wildlife Service. Public domain.

Carburants pour avion, aquacultures, batteries pour téléphone... L’eau de mer promet énormément.

Alors que la majorité des scientifiques s’intéressent à l’énergie solaire, à l’électricité, ou même aux algues, d’autres ont décidé de créer de l’énergie renouvelable à partir de l’eau de mer. Et ils ont raison.

Tout d’abord, parce que ses caractéristiques énergétiques pourraient bientôt concerner des centaines de millions de personnes à travers le monde. Le Fiscal Times rapporte que les ressources en lithium, élément indispensable de votre batterie de téléphone, s’amenuisent de jour en jour. Dans moins de 400 ans, il n’y en aura plus assez pour suivre notre consommation. Une espérance de vie qui pourrait encore baisser avec l’explosion des voitures électriques d’ici cinq ans. Ainsi, des scientifiques japonais de l’Agence de l’énergie atomique travaillent sur une méthode qui permettraient d’extraire la précieuse matière directement dans l’eau de mer, comme l’explique la MIT Technology Review. Basé sur une dialyse, un «procédé de séparation par membrane des molécules ou des ions en solution», ce système particulier n’est pas près d’être commercialisé.

Abu Dhabi, en revanche, pourrait bientôt tirer profit de l’énergie de l’eau de mer avec le projet très ambitieux qu’il est en train de mettre en place: le système d’énergie d’eau de mer intégré et d’agriculture (ISEAS). Le site The Conversation explique que ISEAS veut s’attaquer à trois problématiques environnementales, à savoir l’eau, la nourriture et l’énergie.

Le schéma est assez simple. D’abord, l’eau de mer, utilisée dans un système d’aquaculture, sert à élever des poissons et des crevettes (la nourriture). Ensuite, cette même eau, enrichie en nutriments organiques, sert à cultiver des plantes du type salicorne dont la biomasse servira de biocarburant pour les avions. Enfin, l’eau est drainée dans des mangroves, un écosystème de marais, qui donnera lui aussi de la bioénergie et purifiera l’eau. De plus, le système est entièrement alimenté grâce à l’énergie solaire. The Conversation rappelle que l’Australie avait également mis en place un système de culture de tomates basé sur l’eau de mer l’année dernière.

Les militaires aussi s’intéressent à l’eau de mer. En août dernier, le journal Forbes diffusait une vidéo où l’on pouvait voir plusieurs chercheurs du laboratoire de recherche navale américain faire décoller un petit avion grâce à un carburant fabriqué à partir d’eau de mer.

 

«Il n’y a rien de particulièrement étrange à propos de ce qui est fait ici, explique le journaliste de Forbes. L’eau de mer contient du dioxyde de carbone et de l’hydrogène: le CO2 est dissout dans l’eau et l’hydrogène fait partie du H2O avec le H2. Donc, si vous pouvez séparer ces deux parties, alors, vous avez du carbone et de l’hydrogène, et alors nous savons comment faire des hydrocarbures et le pétrole est simplement l’un de ces hydrocarbures.»

Reste à savoir si l’eau peut devenir une énergie renouvelable viable sur le long terme, et surtout si elle est économique. En 2014, au lendemain de la diffusion de la vidéo de l’armée américaine, le site Jalopnik a tenu à rappeler que, si ce genre de carburant pourrait être utilisé pour les voitures, son coût de production reste trop élevé: il faut en effet 87.000 litres d’eau de mer… pour faire un peu moins de 4 litres de carburant.

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