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Sécession anti-raciste après Charleston: des statues d’esclavagistes vandalisées

À Charleston, la statue de l’esclavagiste John C. Calhoun a été vandalisée | Capture d’écran Twitter

À Charleston, la statue de l’esclavagiste John C. Calhoun a été vandalisée | Capture d’écran Twitter

Après le drapeau confédéré, c’est un autre symbole pro-esclavagisme du sud des États-Unis qui est attaqué: les nombreuses statues à la mémoire des défenseurs de la suprématie blanche.

Après la tuerie dans une église noire de Charleston le 17 juin, la gouverneure de Caroline du Sud, Nikki Haley, a demandé le retrait du drapeau confédéré, un symbole raciste, devant le Capitole. Peu de temps après, les gouverneurs de quatre autres États ont annoncé qu'ils feraient en sorte que les plaques d'immatriculation avec ce drapeau soient interdites.

Mais ces drapeaux sont loin d'être les seuls symboles pro-esclavagisme faisant toujours partie du paysage dans le sud des États-Unis. En effet, de nombreuses statues honorent la mémoire de généraux et hommes politiques qui étaient d'ardents défenseurs de la suprématie blanche et de l'esclavagisme. Dans des États avec une forte population afro-américaine (28% de noirs en Caroline du Sud, contre 13% dans l’ensemble des États-Unis), l'hommage rendu à ce genre de personnages est problématique depuis longtemps. Mais le débat est évidemment relancé depuis la tuerie raciste à l'église épiscopale méthodiste africaine Emanuel de Charleston.

«Black Lives Matter»

Le Washington Post rapporte que, depuis le massacre de Charleston, de nombreuses statues et mémoriaux à la gloire des soldats confédérés et autres défenseurs du Sud esclavagiste ont été vandalisés. À Charleston, on trouve notamment une statue de John C. Calhoun, qui a été sénateur et vice-président des États-Unis au début du XIXe siècle. Il est connu pour un virulent discours pro-esclavage prononcé au Sénat en 1837, dans lequel il expliquait que l'esclavage a permis aux noirs d'atteindre un niveau de civilisation bien supérieur à ce qu'ils n'ont jamais connu en Afrique.

Sur sa statue, on peut lire les mots vérité, justice et constitution. Les mots «Et Esclavage» ont été rajoutés à la peinture rouge, ainsi que «raciste» à côté de son nom.

Non loin de là, le mémorial pour les soldats confédérés a aussi été recouvert de graffitis «Black Lives Matter» («la vie des noirs compte»), en référence aux mouvements de protestation contre la brutalité policière. Des habitants de la ville ont rapidement recouvert la statue d'une bâche.

À Baltimore (dans le Maryland, un État qui faisait partie du Sud sécessionniste), le même genre de monument aux soldats confédérés a aussi été recouvert par les mots «Black Lives Matter».

À l'université du Texas à Austin, une statue de Jefferson Davis, le président des États confédérés d'Amérique et un ardent défenseur de l'esclavage, a aussi été repeinte avec ce message de protestation.

Ces mêmes mots ont été inscrits sur des statues similaires en Caroline du Nord et dans le Missouri. Tout comme pour le drapeau confédéré, des hommes politiques, même conservateurs, ont commencé à demander le retrait de certaines de ces statues. C'est notamment le cas de Mitch McConnell, le chef de la majorité républicaine au Sénat, qui a récemment dit que la statue de Jefferson Davis dans le Capitole du Kentucky devrait être déplacée dans un musée.

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