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En France aussi les candidats politiques font appel à des figurants

Applaudissez s’il vous plaît | 2andpointless via Flickr CC License by

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Le milliardaire américain Donald Trump a rémunéré des figurants pour applaudir l’annonce de sa candidature à la primaire républicaine. En France, les politiques n’en sont pas encore à louer des foules, mais pas si loin quand même.

Le magnat américain Donald Trump a fait payer des figurants pour l'applaudir le 16 juin quand il a annoncé sa candidature à l'investiture républicaine pour la présidentielle en 2016. Mais il n'est pas le seul à faire appel à des comédiens quand des rassemblements manquent un peu de fougue ou que leurs rangs sont trop vides, tout simplement.

Les candidats américains dont les meetings sont peu courus sollicitent ainsi Crowds on Demand, une entreprise spécialisée dans la location de foule («Rent a Crowd»). Cette entreprise l'a avoué elle-même quand LibertyChat.com a contacté le service de presse pour savoir si la pratique était répandue dans le milieu politique américain. Le responsable a confirmé que des douzaines de candidats dans la course au Sénat et au Congrès ainsi qu'un candidate présidentielle «sérieuse», sans préciser laquelle, ont fait appel à ses services.

Figurants-militants en France

En France, il n'y a pas encore d'entreprise qui revendique ce service mais des politiques français ont concocté d'autres stratégies pour gonfler leurs chiffres, le temps d’une visite d’un politique en campagne ou même sur Internet.

Cette stratégie de renfort aurait ainsi été observée sur un chantier de l'Essonne en 2012 lors d'une visite de l'ancien président, Nicolas Sarkozy. L'Élysée aurait demandé de doubler le nombre d'effectifs, le temps du passage du président, rappelle Europe 1. Cet appel a attiré des personnes n'appartenant même pas au chantier, selon un cadre de chantier qui s'est confié anonymement à la chaîne. L'Élysée a démenti ces allégations.

Reste que le casting de jeunes militants est une pratique connue aussi bien du côté PS que celui de l'UMP, décrypte le Monde lors de la campagne présidentielle en 2012. Il s'agit de mettre en scène des jeunes de toutes origines lors des discours, des meetings ainsi que pour la distribution de tracts et le collage d'affiches.

Les jeunes sont d'autant plus recherchés que, en tant que «digital natives», ils peuvent peser dans le sphère web, où ils sont encouragés à faire vivre le parti sur les réseaux sociaux par le biais de vidéos virales et de clashes sur Twitter. En effet, sur une plateforme virtuelle, le principe est le même. Sur le site de François Bayrou, une photo illustrant des «jeunes militants du ModEm» en janvier 2012, en pleine campagne présidentielle, a été également repérée sur d’autres sites web qui n'avaient rien à voir avec le parti centriste. Le Tumblr Followed l'a ainsi trouvée sur le site web d'une mutuelle anglaise, celui d’un site américain vend des solutions fax et, sans grande surprise, sur une banques d'images, libre de droits.

Si, aux États-Unis, Crowds on demand vante ses services de figurants en soulignant qu’ils apportent une légitimité au candidat aux côtés de supportersexistants, les réconfortant dans leur choix militant. On peut toutefois se demander si, avec un monde qui devient de plus en plus transparent, ce gain de «légitimité» n’est pas une illusion. Car si le candidat se fait prendre, le poids de la divulgation risque fort de s'afficher dans les urnes.

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