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L'Arabie saoudite veut se tourner vers l'énergie solaire

Panneaux solaires | Mountain/ \Ash via Flickr CC License by

Panneaux solaires | Mountain/ \Ash via Flickr CC License by

Si la monarchie pétrolière entame une reconversion dans l’énergie solaire, ce n’est pas pour protéger l’environnement mais pour pouvoir continuer à vendre ses ressources en hydrocarbures.

La monarchie pétrolière d’Arabie saoudite se lance dans sa reconversion dans l’énergie solaire, annonce The Atlantic. Au total, ce sont dix projets d’installations solaires qui se destinent à voir le jour dans la péninsule, notamment le long du golfe persique. Mais le pays part de loin: entièrement fondé sur des hydrocarbures à très bas prix, grâce à un pétrole contrôlé par des entreprises d’État largement subventionnées, la population consomme ces ressources de manière pour le moins décomplexée.

Alors que les Saoudiens ne sont que 30 millions, ils sont les sixièmes consommateurs de pétrole au monde. Ils utilisent le quart de leur production et leur consommation domestique progresse de 7% par an. Une fringale inquiétante car, si la tendance se maintient, elle pourrait empiéter sur les exportations en 2021… et faire de l’Arabie saoudite un importateur de pétrole en 2038.

Vendre son pétrole

Ces données expliquent la volonté récente de certains dirigeants locaux de se tourner vers la production d’énergie solaire: la préservation de l’environnement et les préoccupations écologiques ne comptent pas pour grand-chose dans ce pays où on s’est habitué à faire fonctionner la climatisation chez soi de telle sorte qu’on doive porter un sweat pour supporter la fraîcheur dans ses murs, souligne l’article. C’est au contraire la volonté de continuer à vendre son pétrole qui pousse à l’économiser par ailleurs.

Et le territoire a des atouts à faire valoir en matière d’ensoleillement. La luminosité sur ce point du globe est une des plus intenses du monde. Le désert fournit un cadre idéal pour la réception et la transformation de cette énergie.

L’ambition saoudienne en matière de solaire dépasse d’ailleurs la simple volonté de soutenir son marché intérieur: la monarchie souhaite même devenir exportateur en ce domaine aussi. Les moyens alloués à la poursuite de ce rêve devraient être conséquents. Il s’agit de bâtir une capacité de production de 41 gigawatts d’énergie solaire d’ici à 2032 (l’objectif, pas vraiment tenable dans un pays partant de zéro, a déjà été repoussé à 2040).

Les Saoudiens comptent surtout rendre l’énergie solaire d’autant plus attractive qu’elle serait ultra-compétitive: le prince Turki, partie prenante de cette conversion au culte du soleil, assure au journaliste que sa société, Taqnia, est sur le point de finaliser un accord lui permettant de fournir à la compagnie électrique saoudienne un kilowatt d’énergie solaire par heure pour l’équivalent de cinq cents. Ce prix est «le plus bas du monde, à sa connaissance»

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