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La Suisse a elle aussi perdu sa souveraineté

Suisse | Francisco Antunes via Flickr CC License by

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Le fantasme suisse serait un marché de dupes: la Suisse est aussi assujettie aux règles européennes que ses voisins adhérents à l’UE, et plus largement aux directives des marchés.

La Suisse est le modèle rêvé par de nombreuses personnalités peu convaincues des bienfaits de l’Union européenne. Pourtant, la république helvète n’est pas plus souveraine que les membres de la Communauté européenne, selon Carnegie Europe (une filiale de la Fondation Carnegie liée à la politique américaine).

L’attrait de l’exemple suisse pour certains eurosceptiques se comprend bien: la souveraineté nationale donc, mais aussi une démocratie plus directe et plus fréquemment renouvelée, des politiques fermes en matière d’immigration et bien sûr la fameuse prospérité économique.

Pourtant, selon Caroline de Gruyter, ce fantasme suisse est un marché de dupes. En effet pour la journaliste, la Suisse est aussi assujettie aux règles européennes que ses voisins adhérents à l’UE, et plus largement aux directives des marchés.

Ingérence internationale

Tout d’abord, pour conclure des accords commerciaux avantageux avec ses principaux partenaires (la France, l’Allemagne, l’Italie entre autres), le pays aux vingt-six cantons a dû passer des traités bilatéraux avec la Commission européennes. De plus, l’État en est réduit à adopter peu ou prou les décisions européennes à mesure qu’elles sont adoptées.

La Suisse, nation des banques par excellence, a aussi beaucoup perdu de sa superbe au chapitre de son sacro-saint secret bancaire. Depuis quelques années, sous la pression de la justice américaine, les banques ont été forcées d’accepter le partage des dossiers de déposants soupçonnés d’être des fraudeurs ou plus largement des malfaiteurs, sous peine de perdre leur possibilité de spéculer à Wall Street. L’arrestation récente des dirigeants de la Fifa à Zurich est une illustration supplémentaire de l’ingérence de la justice internationale dans les affaires helvètes.

Enfin, la scène politique suisse est désormais en crise, comme le montre la hausse importante de l’abstention lors des scrutins et référendums.

Ces différentes observations ne semblent pas être destinées à esquisser le portrait d’une Europe politique incontournable et idyllique, horizon forcé d’une Suisse rétive, mais à pointer que le problème est ailleurs: dans la mondialisation et son nivellement financier généralisé.

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