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Tuerie de Charleston: la maladie mentale encore bouc émissaire

Une femme devant l'église de Charleston où a eu lieu la tuerie du 18 juin | Reuteurs/Brian Snyder

Une femme devant l'église de Charleston où a eu lieu la tuerie du 18 juin | Reuteurs/Brian Snyder

Comme souvent après les tueries de masse aux États-Unis, la maladie mentale est une des premières raisons évoquées pour expliquer le drame.

Un tueur noir est un terroriste, un tueur blanc est un malade mental. C’est ainsi que l’on pourrait résumer le traitement médiatique de la tuerie de Charleston du 18 juin, selon Arthur Chu sur le site de Salon.

«J’en ai vraiment assez d’entendre maladie mentale utilisé à toutes les sauces pour éviter l’emploi d’autres termes comme poison de la masculinité, supériorité blanche, misogynie ou racisme

Pour l’auteur, parler de «maladie mentale» est une excuse toute trouvée alors même que les statistiques sur les tueries de masse tendraient à démontrer que ceux qui commettent ces actes ne sont généralement pas des «malades», en tout cas pas au sens médical du terme.

Racisme assumé

Dans le cas du drame de Charleston, il serait beaucoup trop précoce d'évoquer la thèse d'une maladie mentale, aucun spécialiste n’ayant encore indiqué que Dylann Roof, le suspect principal, souffrait bien de problèmes psychologiques quelconques. Pour le moment, les premiers éléments vont même dans le sens inverse. D’abord, car le jeune homme paraissait tout à fait clair dans ces propos. D’une part lorsqu’il a déclaré que les noirs «violaient leurs femmes et qu’ils étaient en train de s’emparer du pays», d’autre part en épargnant une des femmes présentes dans l’église pour qu’elle puisse «raconter ce qui venait de se passer». Mais aussi car des témoignages de proches viennent corroborer l’idée qu’il était purement et simplement raciste.

D’autres indices viennent aussi confirmer la thèse du crime racial parfaitement assumé, en l’occurrence les drapeaux accrochés à sa blouse sur la photo publique de son compte Facebook, celui de l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid et de l’ex-Rhodésie, deux anciens bastions de la ségrégation.

Port d’arme

Et quand bien même ces crimes seraient commis par des malades mentaux et non des personnes simplement racistes (bien que les deux ne soient pas incompatibles), la libre circulation des armes n’est en aucun cas un traitement, souligne Arthur Chu.

«Il est intéressant de voir que les maladies mentales sont régulièrement utilisées comme boucs émissaires. Lorsque l’on a appris l’histoire de Sandy Hook [ville où a eu lieu un autre massacre en 2012 faisant 26 morts], la NRA [association de défense des armes] a expliqué que la création d’un registre national des porteurs d’armes reviendrait à donner un pouvoir incontrôlé et tyrannique au gouvernement tandis que ce ne serait pas le cas d’un registre national des malades mentaux, et ce, même si quelqu’un qui n’est pas malade mais qui porte une arme est fondamentalement plus dangereux qu’une personne malade, peu importe à quel point, sans arme.»

Dylan Roof avait ainsi reçu comme cadeau d’accession à la majorité une arme en avril dernier.

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