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La pub pour un magasin d'armes du Charleston Post & Courier

La une du Charleston Post & Courier et son autocollant faisant la réclame d’un magasin d’armes | Capture d’écran Twitter

La une du Charleston Post & Courier et son autocollant faisant la réclame d’un magasin d’armes | Capture d’écran Twitter

Sur la une du journal de Charleston du 18 juin, se trouvait un coupon rose autocollant offrant une promotion dans un magasin d'armes à feu local.

Le jeudi 18 juin, le quotidien de Caroline du Sud Post and Courier a fait sa une sur la tuerie raciste contre l'église noire Emanuel African Methodist Episcopal: «Attaque contre une église, 9 morts. Chasse à l'homme en cours contre le suspect de ce crime de haine».

Or juste au-dessus du titre sur ce massacre à l'arme à feu, il y avait un coupon rose autocollant qui offrait une promotion dans un magasin d'armes à feu local, rapporte le Washington Post. Il s'agissait d'attirer les amatrices de tir pour les jeudis «ladie's night», lors desquels les femmes bénéficient d'une offre spéciale: pour 30 dollars seulement, elles peuvent s'entraîner au revolver et disposent de 50 recharges de cartouches, ainsi que de lunettes et protections auditives gratuites. Les monitrices sont toutes des femmes et, en bonus, les clientes reçoivent un T-shirt souvenir. 

C'est un professeur de philosophie du College of Charleston qui a commencé à faire circuler la photo de cette une sur Twitter:

 

«Soulignant la folie des nouvelles de Charleston, le journal met une publicité pour un magasin d'armes en première page.»

Place ambiguë des armes à feu

La diffusion de ce coupon avait été prévue avant l'attaque de l'église, mais le bloggeur Jim Romenesko se demande pourquoi la personne responsable de la publicité n'a pas alerté les éditeurs lorsqu'il a vu la une. La direction du quotidien s'est depuis excusée:

«L'autocollant placé en une sur certains journaux livrés à domicile le même jour que cette tragédie est une coïncidence profondément regrettable. Nous nous excusons auprès de ceux que nous avons offensé.»

Pour le Washington Post, cette juxtaposition étrange symbolise la place ambiguë des armes à feu dans la société américaine: elles permettent de commettre d'horribles massacres mais elles sont aussi considérées comme des sources de loisir et de détente. D'ailleurs, le père du suspect, Dylann Roof, venait d'offrir un revolver à son fils pour ses 21 ans.

Publicité pour une foire aux armes à feu à côté d’un article sur la tuerie de Sandy Hook

Ce n'est pas la première fois qu'une telle bourde se produit dans la presse. Un journal du Connecticut avait placé une publicité pour une foire aux armes à feu à côté d'un article sur la tuerie de Sandy Hook, dans laquelle 20 enfants et 6 adultes avaient perdu la vie en 2012.

Dans ses remarques après l'attaque de l'église de Charleston, le président Barack Obama avait dit qu'il était temps pour les Américains de changer la façon dont ils envisagent les armes à feu:

«Nous ne connaissons pas tous les faits mais nous savons qu'une fois de plus des innocents ont été tués en partie parce qu'un individu qui voulait attaquer des gens n'a eu aucun problème à se procurer une arme à feu. [...] À un moment, il va falloir que nous reconnaissions collectivement que ce genre de violence de masse n'arrive pas dans d'autres pays développés.»

 

 
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