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Au Mexique, la taxe sur les sodas fonctionne bien

Taxer les boissons sucrées a ses effets | Procsilas Moscas via Flickr CC License by

Taxer les boissons sucrées a ses effets | Procsilas Moscas via Flickr CC License by

Après une année d'application de la taxe sur les boissons sucrées au Mexique, une première étude affirme que la mesure a fait baisser la consommation de sodas.

Le 1er janvier 2014, le Mexique a mis en place une taxe sur les boissons contenant des sucres ajoutés –et ce, malgré les grosses pressions de l’industrie des sodas– correspondant à un peso (6 centimes d’euros) par litre, soit une augmentation d’environ 10% du prix produit.

Des chercheurs de l’Université de Caroline du Nord et de l’Institut national de santé publique mexicain ont réalisé une étude pour évaluer les premiers effets de cette mesure, dans un pays où l’obésité bat des records. Ils ont observé les comportements de consommateurs dans 53 villes du pays. Les résultats ont ensuite été ajustés avec la tendance à la baisse déjà analysée depuis 2012, et des variables socio-économiques.

La consommation de ces boissons sucrées a diminué de 6% en moyenne sur l'année 2014. Fin décembre, le chiffre atteignait même 12%. Cette évolution concerne tous les niveaux socio-économiques, note l'étude, mais est plus forte chez les plus défavorisés, atteignant -17% à la fin de l’année.

En parallèle, les boissons sans taxe ont connu une augmentation des ventes de 4%, principalement l’eau minérale. Selon les chercheurs, ce sont des résultats préliminaires, mais qui devront être complétés par des études sur des groupes particuliers, par exemples sur les gros consommateurs de boissons sucrées. Reste à voir aussi dans quelle mesure cette baisse de la consommation fera aussi diminuer le taux de surpoids et d'obésité...

Prévention de l’obésité et accès à l’eau potable

Comme le rappelle l’Alliance pour la santé alimentaire mexicaine (un groupe d’associations et d’organisations sociales et professionnelles travaillant à la lutte contre l’obésité), le pays est le principal consommateur de boissons sucrées dans le monde, avec une moyenne de… 163 litres par an et par personne. En outre, entre 1989 et 2006, la consommation de ces breuvages a augmenté de 60%. Il était donc nécessaire d'agir. 

163 litres

Le volume de boissons sucrées que consomme en moyenne chaque année un Mexicain

Pour l’organisation, il est normale que les effets soient progressifs:

«Le fait que l’effet de la taxe ait été plus fort à la fin de l’année est appuyé par les conclusions d’autres études liées aux taxes, sur le tabac par exemple. On a observé que les taxes appliquées à des produits dont il est difficile de réduire la consommation n’ont pas un effet immédiat, mais sont plus efficaces à moyen terme.»

Mais l’Alliance exige que «le gouvernement accomplisse sa promesse d’utiliser les plus de 18 milliards de pesos (10 millions d'euros) récupérés en 2014 avec cette taxe pour la prévention de l’obésité et des maladies qui y sont associées, spécialement via des installations d'accès à l’eau potable dans les écoles». Et demande d'aller plus loin, en augmentant la taxe à 20%, pour avoir un meilleur impact, mais également en supprimant la TVA sur les bouteilles d’eau minérale, pour rendre l'eau vraiment plus accessible économiquement.

En France aussi, il existe une taxe sur les boissons sucrées (11 centimes pour une bouteille de 1,5 litres), longuement débattue au moment de son examen. En février 2014, un rapport du Sénat constatait qu’après deux années de mise en œuvre la mesure s’est accompagnée d’une hausse des prix et d’une diminution des ventes des boissons concernées (-3,5% entre 2011 et 2012). Cependant, «s'il paraît avéré, le rôle joué par la taxe dans la diminution des ventes est néanmoins difficilement quantifiable. Le ralentissement des dépenses des ménages consacrées à l'alimentation peut ainsi expliquer une partie ce retournement de tendance».

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