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L'antisémitisme, une constante de la politique occidentale

Temps de lecture : 2 min

La haine des juifs fut religieuse d'abord, raciale ensuite. Les relations tendues des Européens avec Israël en seraient la traduction moderne.

Antisémitisme | Quinn Dombrowski via Flickr CC License by
Antisémitisme | Quinn Dombrowski via Flickr CC License by

L’antisémitisme comme composante des politiques occidentales actuelles, c’est la thèse défendue dans le National Post par Julien Bauer, politologue à l’Université du Québec à Montréal et chercheur à l’Institut canadien des recherches judaïques.

Le professeur de sciences politiques détaille l’évolution du sentiment antijuif à l’ouest du monde. Dans un premier temps, c’est bien sûr une haine d’ordre religieux qui prédomine. On abhorre le peuple «déicide», assimilé globalement à la figure de Judas. Une assimilation qui dénote, comme le rappelle l’auteur, l’oubli du judaïsme des apôtres fidèles à Jésus.

Puis la religion recule, et la sécularisation du monde accomplit son œuvre. La montée des nationalismes et les crispations totalitaires prennent le pas sur les considérations théologiques ou spirituelles mais ne laissent pas les juifs tranquilles, loin de là. Tenue pour exogène à la nation, voire malfaisante, la communauté hébraïque se trouve devant une sombre alternative, souligne Bauer: elle est soit surveillée avec la plus grande attention policière soit purement et simplement traquée, persécutée et assassinée.

L’antisémitisme directement religieux ou raciale semble balayé des politiques européennes contemporaines. Mais Julien Bauer estime au contraire que cette hostilité en fait partie intégrante, si on se penche sur les relations complexes entretenues avec Israël.

Échanges commerciaux israéliens

Il concède qu’Israël (seul prisme à travers lequel le professeur analyse la perception des juifs aujourd’hui) a été intégré par les exécutifs européens à un certain nombre d’organisations, comme l’OCDE en 2010, ou au Centre européen pour la recherche nucléaire en 2014. Cependant, il dénonce certaines initiatives. Selon lui, la France se montrerait par exemple antisémite en proposant la création d’un label distinguant les produits israéliens fabriqués dans les territoires occupés de Cisjordanie des autres.

Un blâme d’autant plus sévère qu’il est approximatif: l’antisémitisme paraît ici moins évident que la volonté politique de rappeler le statut contesté et incertain de cette région du Proche-Orient. De plus, la France n’est qu’un pays parmi de nombreux autres à avoir proposé cet étiquetage.

En tout cas, Julien Bauer juge contreproductif ce qu’il voit comme l’antisémitisme occidental. Auparavant les deux tiers des échanges commerciaux israéliens concernaient l’Union européenne, aujourd’hui la part asiatique tend à augmenter, et d’autant plus vite que les pays d’Asie ne partagent pas les préjugés antijuifs. Au contraire: la Corée du Sud, remarquant le nombre élevé de Nobel israéliens, s’est prise à penser que la lecture du Talmud était bénéfique pour l’intelligence. En conséquence, les autorités ont imposé son étude en classe.

En mai, Times of Israel établissait un curieux classement sur la base de statistiques avancées par la Ligue anti-diffamation. Parmi les dix pays au plus bas taux d’antisémitisme, quatre étaient asiatiques (les deux premiers étant le Laos et les Philippines auxquels s’ajoutent le Vietnam et la Thaïlande). En revanche, l’enquête notait moins l’antisémitisme occidental que celui des peuples arabes.

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