Partager cet article

Pour Bruce Schneier, ce n’est pas Snowden qui a informé la Russie et la Chine

Le logo de la NSA sur un téléphone portable | REUTERS/Pawel Kopczynski

Le logo de la NSA sur un téléphone portable | REUTERS/Pawel Kopczynski

Selon le spécialiste en sécurité informatique Bruce Schneier, la Russie et la Chine ont très probablement eu sous la main les documents Snowden, et ce, sans avoir eu besoin que l’ex-employé de la NSA les leur fournisse.

Dimanche 14 juin, le Sunday Times annonçait que la Grande-Bretagne avait dû retirer «des agents d'opération dans des pays hostiles, selon de hauts responsables de Downing Street, du ministère de l'Intérieur et des services de sécurité».

Selon le quotidien de Richard Murdoch, qui se fondait essentiellement sur des sources gouvernementales, les services secrets russes et chinois auraient réussi à mettre la main sur des documents avec lesquels Edward Snowden avait quitté les États-Unis. Ils auraient également réussi à les déchiffrer, mettant ainsi en danger les agents britanniques. Pourtant, tempère le Sunday Times, «Downing Street a déclaré qu'il n'y avait “aucune preuve que qui que ce soit ait été blessé”».

L'article a été violemment critiqué, notamment par Glenn Greenwald, le journaliste qu'Edward Snowden avait contacté pour publier les révélations sur les programmes de surveillance de masse menés par la NSA.

Pour une autre personnalité reconnue du monde informatique, le cryptologue Bruce Schneier, il est cependant fort possible que la Chine et la Russie aient effectivement eu accès aux documents Snowden –et ce, même si Edward Snowden ne leur a rien fourni.

Réseau classifié et infiltré

Dans une très intéressante tribune publiée sur le site de Wired, il fait ainsi part de son analyse:

«La vulnérabilité, ce n'est pas Snowden, c'est tous ceux qui ont eu accès aux fichiers.»

À savoir les différents journalistes, mais aussi toutes les agences de renseignement. Bruce Schneier rappelle qu'en général «il est plus facile d'attaquer un réseau que de défendre ce même réseau»:

«Un ancien sous-directeur de la NSA a récemment dit que, si l'on comptait les points, comme on compte les buts au foot, le score serait de 462 à 456 après 20 minutes de jeu. En d'autres mots, c'est tout pour l'attaque, et rien du côté de la défense.»

Il est plus facile d'attaquer un réseau que de défendre ce même réseau

Bruce Schneier

Résultat, estime-t-il, il est difficile d'imaginer qu'aucun réseau classifié n'ait été infiltré. Et il appuie ses dires par ce que lui avait confié un responsable du renseignement américain:

«Je sais jusqu'où nous sommes allés dans les réseaux de nos ennemis sans qu'ils n'aient aucune idée qu'on soit présents. Je suis inquiet qu'ils soient allés tout aussi loin dans nos réseaux.»

Reste désormais à savoir qui est en mesure de mener de telles opérations. Et, s'il avoue n'en avoir aucune idée, «la Russie et la Chine sont sûrement sur la liste, et il est tout aussi certain qu'ils n'ont pas eu besoin d'attendre Snowden pour avoir accès aux fichiers».

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte