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L'Église catholique a exorcisé le Mexique tout entier

Le dernier «Exorcisme» (film) | Onenna via Wikimedia CC License by

Le dernier «Exorcisme» (film) | Onenna via Wikimedia CC License by

Le 20 mai dernier, le clergé a pratiqué l'exorcisme de ce pays gangrené par la violence.

Le film L’Exorciste, de William Friedkin, a durablement frappé les consciences depuis sa sortie dans les années 1970 par ses images de la petite Regan qui s’agite en tous sens, comme lors d’une crise d’épilepsie, en débitant des insanités sous l’œil angoissé d’un prêtre exténué. L’exorcisme, c’est-à-dire l’action d’expulser par l’entremise d’un ecclésiastique un démon censé posséder le corps d’un individu, fascine croyants comme athées. 

Et l’Église vient de donner une toute autre envergure à cette activité mystérieuse. Le 20 mai dernier, le clergé mexicain, assisté du prêtre espagnol Fortea, a pratiqué l’exorcisme du Mexique tout entier en la cathédrale de San Luis Potosí, comme l’explique Patheos (blog fondé par un catholique et une évangéliste américains).

L’exercice, sans doute unique à ce jour, n’est pas inconnu de l’Église catholique, qui lui a donné un nom, exorcismo magno. Fortea a d’ailleurs raconté à la presse pourquoi l’institution catholique avait pris la décision de procéder à cette cérémonie inédite:

«Parce que, dans la mesure où le péché se fait de plus en plus fréquent dans un pays, il devient plus facile aux démons de tenter les gens.»

L’explosion de violence au Mexique, depuis l’ouverture d’une guerre entre les autorités et les cartels de la drogue en 2006, comme entre les gangs, constitue la raison première de la mise en place de ce rite.

Exorcismo magno

Le père Fortea est conscient que cet exorcisme ne risque pas de changer grand-chose à la situation immédiate du pays mais, il en est certain, il aura à terme des répercussions positives. Il souhaite même étendre la pratique de l’exorcismo magno:

«Il serait bon qu’à chaque réunion d’exorcistes cette cérémonie soit réalisée pour le pays dans lequel la conférence se tient. […] Un évêque pourrait même l’autoriser une fois par an dans sa cathédrale. »

Dans les colonnes du Huffington Post, Andrew Chesnut, professeur d’études religieuses à l’université de Virginie-Commonwealth, évoque une recrudescence des exorcismes dans le monde ces dernières décennies. Il explique la cérémonie de San Luis Potosí par l’attention particulière du pape François, argentin, pour l’Amérique latine. Autre cause évoquée: la légalisation de l’avortement au Mexique en 2007. Ce n’est pas non plus sans raison que l’événement s’est déroulé dans cette ville et non à México, l’État de San Luis Potosí étant fort conversateur.

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