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On sait pourquoi le retour vous semble plus court que l'aller

Marcher au soleil | Matthias Ripp via Flickr CC License by

Marcher au soleil | Matthias Ripp via Flickr CC License by

Vos impressions vous jouent des tours et c’est pour cela qu’un trajet retour vous semblera plus court que l’aller. Mais cette perception du temps n’a lieu qu’après le parcours effectué.

À l’aller, les kilomètres succèdent aux kilomètres, le voyage s’étire indéfiniment ou presque. Bref, on n’en voit pas le bout. Au retour, cette terrible épreuve paraît soudain plus courte, plus surmontable. Bien sûr, cette dissymétrie n’existe que dans notre tête mais provient-elle d’une perception corporelle ou d’une construction mentale spécifique au périple? Dans son étude, une équipe de scientifiques japonais, dirigée par Ryosuke Ozawa, de l’Université d’Osaka, a tranché: si le trajet de retour semble plus court au piéton, à l’automobiliste, au passager du train ou de l’avion, c’est que le cerveau de ces derniers revisitent leur odyssée a posteriori, comme le résume le Los Angeles Times.

Pour en arriver à cette conclusion, les savants ont rassemblé vingt personnes, dont l’âge était compris entre 20 et 30 ans. Les sujets ont eu à regarder différentes vidéos réalisées à partir des images captées par une caméra accrochée à la poitrine d’un marcheur.

Violation des attentes

Une moitié des personnes a regardé un aller-retour effectué sur une même route, tandis que l’autre a suivi la captation de deux trajets complètement distincts sur des routes différentes. Toutes les vidéos duraient environ 26 minutes chacune. Un électrocardiogramme renseignait les scientifiques sur l’activité nerveuse des participants au cours de l’expérience. Ceux-ci étaient, de plus, seuls au moment du visionnage.

Chaque personne regardant les films devait signaler, sans pouvoir consulter ni montre ni horloge, à quel moment trois minutes s’étaient selon elle écoulées. Et la perception du temps ne variait pas d’un panel à l’autre ni suivant la nature du parcours observé. Enfin, un questionnaire était tendu à la sortie. Et c’est uniquement après avoir consulté ces formulaires que les scientifiques ont pu noter que les participants avaient le sentiment que le trajet retour avait été le plus bref.

Pour le psychologue néerlandais Niels Van de Ven, dont Slate.fr a parlé en 2011, qui a travaillé sur le même sujet mais ne faisait pas partie de l’expérimentation nipponne, ces observations s’expliquent notamment par ce qu’il appelle «la violation des attentes»:

«Les gens sont souvent plutôt optimistes avant un déplacement qui, au bout du compte, leur paraît plus long que prévu. Au retour par conséquent, on se dit: “Ça va encore être long, mais finalement ce n’est pas si terrible que ça.”»

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