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Quand Jeb Bush faisait la courte échelle à son frère vers la Maison Blanche

Jeb Bush en 2013 lors d'une conférence | Gage Skidmore via Flickr CC License by

Jeb Bush en 2013 lors d'une conférence | Gage Skidmore via Flickr CC License by

L'élection de 2000 avait été marquée par plusieurs soupçons de collusion.

Jeb Bush, 62 ans, ancien gouverneur de Floride, petit frère de l’avant-dernier président des États-Unis George W. Bush (2001-2009) et fils du 41e président des États-Unis George H.W. Bush (1989-1993). Tel est l’héritage politique de celui qui s’est déclaré, lundi 15 juin, candidat aux primaires républicaines en vue des présidentielles de 2016. S’il s’est largement fait tirer le portrait depuis l’annonce officielle de sa candidature, un événement est parfois oublié: le coup de pouce porté à son grand frère lors de l’élection présidentielle de 2000.

Le 7 novembre 2000, les États-Unis ont les yeux rivés sur le duel entre George W. Bush et Al Gore, le vice-président démocrate sortant. Les deux hommes sont au coude à coude et un État peut les départager: la Floride et ses 25 grands électeurs. À la tête de ce swing state, Jeb Bush.

Au courant

Le gouverneur de Floride est à l’époque en contact avec un cousin, John Prescott Ellis, travaillant pour la chaîne Fox News et chargé de travailler sur le décompte des voix. Ce dernier avouera plus tard avoir été en contact avec le gouverneur et le candidat à la Maison Blanche la nuit du scrutin. Même si Fox News, marquée à droite, réfutera par la suite tout favoritisme, elle est la première chaîne de télévision, à l’époque, à déclarer George W. Bush vainqueur, avant que NBC, CBS, CNN et ABC ne suivent.

Les résultats étant trop serrés, il faudra finalement procéder à un nouveau décompte, notamment dans 67 comtés de l’État de Floride. Durant cette période où républicains et démocrates s’attaqueront par avocats interposés, Jeb Bush s'intéressera de près au dossier, comme le révèle un de ces e-mails découverts par Vox dans lequel il remercie John Yoo, qui travaillera ensuite au département de la Justice sous la présidence de George W. Bush, de le tenir informé de la situation.

Citoyens privés de vote

Le candidat à la prochaine élection présidentielle avait également été accusé dans un rapport de la Commission des droits civils américaine de ne pas avoir contribué à la bonne tenue du scrutin et avoir défavorisé le vote d’une partie de la population afro-américaine, qui vote plus souvent démocrate:

«La sous-estimation la plus spectaculaire concernant l’élection en Floride vient du fait d’avoir refusé à un nombre conséquent de votants la possibilité de se rendre dans les bureaux de vote et donc de faire compter leur voix. Des données statistiques, appuyées par des témoignages crédibles, tendent à souligner un déni du droit de vote à grande échelle […] La privation du droit de vote en Floride a surtout impacté le vote des citoyens afro-américains.»

Les Afro-Américains avaient dix fois plus de chances de voir leur vote refusé que les citoyens blancs, rapportait à l’époque le Guardian, qui précisait également que des citoyens s'étaient vu attribuer par erreur un casier judiciaire, rendant leur vote impossible. Barbara Arnwine, responsable d’un bureau d’avocats des droits civiques, avait mis en cause les autorités, soulignant «une violation fondamentale de la confiance accordée aux autorités d’un état pour protéger le droit de vote».  

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