Monde

Israël tente de ridiculiser les journalistes occidentaux

Temps de lecture : 2 min

Un film d'animation de 49 secondes publié sur la page d'accueil du ministère des Affaires étrangères israélien s'attaque au traitement médiatique occidental de la guerre de Gaza 2014.

Capture d'écran de la vidéo postée sur YouTube par le ministère des Affaires étrangères israélien
Capture d'écran de la vidéo postée sur YouTube par le ministère des Affaires étrangères israélien

Israël entre dans une nouvelle guerre de communication. Après avoir empêché la venue d'un enquêteur de l'ONU dans les territoires palestiniens, publié sa propre version de l'opération Bordure protectrice (8 juillet 2014-26 août 2014) pour devancer un rapport de l'ONU risquant de lui être défaborable, l'État hébreu tente de ridiculiser les journalistes occidentaux.

Sans finesse, un film d'animation de 49 secondes publié sur la page d'accueil du ministère des Affaires étrangères israélien s'attaque au traitement médiatique occidental de la guerre de Gaza 2014, qui a causé la mort de 2.100 Palestiniens et 72 Israéliens. On y voit un journaliste blond, accent américain, entiché d'une cravate. Il présente avec naïveté le «premier métro palestinien» lorsque derrière lui des hommes armés et cagoulés entrent dans un tunnel du Hamas. Quelques secondes plus tard, un combattant de la même organisation kidnappe un marchand de légumes dont un drapeau gay flotte sur le stand.

«Il n'y a pas de doute [sur le fait] que la société palestinienne ici est libérale et pluraliste et [que] le Hamas permet à tout le monde de vivre dans la dignité», commente le journaliste. Une femme lui apporte finalement une paire de lunettes avant que le message suivant ne s'affiche:

«Ouvrez les yeux, le terrorisme est au pouvoir à Gaza.»

Intimidation

L'association de la presse étrangère [Foreign Press Association] à Tel Aviv s'est déclarée «suprise et inquiète» et juge cette vidéo «inappropriée, inefficace et [qui] sape le ministère qui affirme respecter la presse étrangère et sa liberté de travailler dans la bande de Gaza».

Pour le Washington Post, cette vidéo rappelle les critiques prononcées notamment par Yigal Palmor, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, pendant l'opération Bordure protectrice. Il avait dénoncé un traitement partial de l'information et une intimidation imposée par le Hamas aux journalistes occidentaux. Peu d'images publiées dans la presse montraient alors des combattants du Hamas, mais photographes et éditeurs photos s'étaient expliqués sur les raisons de ce traitement médiatique particulier. La clandestinité des combattants de Hamas était développée et les conditions de sécurité et le terrain accidenté ne permettaient pas non plus aux journalistes de s'approcher.

Ce n'est pas la première fois que l'État hébreu publie ce genre de vidéo. Le New York Times mentionne la production de vidéos satiriques ciblant les journalistes occidentaux au lendemain de la guerre de 2008-2009 et la diffusion d'une autre vidéo d'animation après la guerre de 2012.

«Les enfants –et les États– ont le droit de se défendre.»

Newsletters

Les femmes transgenres, grandes perdantes de la présidence Trump

Les femmes transgenres, grandes perdantes de la présidence Trump

Dès son premier jour à la Maison-Blanche en janvier 2017, l'administration Trump a détricoté quatre années d'avancées pour les droits des personnes transgenres aux États-Unis.

La route maritime du Nord, ouverte de plus en plus tôt, aiguise tous les appétits

La route maritime du Nord, ouverte de plus en plus tôt, aiguise tous les appétits

En Arctique, la fonte des glaces pourrait permettre à la marine commerciale d'emprunter le passage du Nord-Est toute l'année d'ici à 2035. Un enjeu stratégique pour les Russes.

Les mercenaires du Moyen-Orient sont-ils des vecteurs de contamination au Covid-19?

Les mercenaires du Moyen-Orient sont-ils des vecteurs de contamination au Covid-19?

Les mouvements de troupes de la Syrie à la Libye, en passant par la Turquie, font peser un risque sanitaire considérable sur la zone de conflit.

Newsletters