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Pour sortir de la crise, le journalisme devrait s'inspirer de Napoléon

Et si la solution pour en finir avec la crise de la presse était de faire des utilisateurs de smartphones non plus des localiers improvisés mais des conscrits fédérés, en suivant l’exemple de la Grande Armée de Napoléon?

Des journalistes ont lancé une campagne de promotion et de défense du journalisme professionnel en Amérique du Nord. Ils cherchent à alerter l’opinion sur la crise de la presse, provoquée notamment par la profusion d’informations gratuites circulant sur les réseaux sociaux, fournies par des «journalistes citoyens» autoproclamés. 

C’est d’ailleurs après avoir vu un placard vantant, sur une pleine page d’un journal, les valeurs du journalisme que Michael Rosenblum a eu l’idée de publier une tribune sur le Huffington Post. Il évoque la passe critique qu’abordent les médias traditionnels, dont les revenus se raréfient, et les moyens d’en sortir. Et le fondateur de Current TV a ses idées sur la question. Michael Rosenblum appelle à trouver son inspiration…du côté de Napoléon. En ces périodes de commémoration de la défaite de Waterloo, c’est apparemment de circonstance.

1.Localiers improvisés

D’abord, c'est la nostalgie qui l’étreint au moment où il parle de ce temps où les journaux, magazines, radios, chaînes de télévision n’hésitaient pas à dépêcher leurs équipes aux quatre coins de la planète car les gens étaient alors prêts à payer pour l’information. Comme les nouvelles étaient rares et demandaient beaucoup d’efforts pour leur obtention, les différents titres ouvraient des bureaux dans le monde entier. 

Ils entretenaient surtout, rappelle-t-il, un réseau de correspondants permanents à l’international. Michael Rosenblum rappelle que, à la grande époque du New York Times, le quotidien possédait 75 journalistes en poste à l’étranger. Plus étonnant: WCBS, petite télé new-yorkaise locale, disposait de huit ou dix équipes de tournage. Des emplois emportés ou fragilisés par la constitution d’un corps anonyme de 3 milliards (selon les estimations de l’auteur) d’utilisateurs de smartphone, comme autant de localiers improvisés.

2.Armée de conscription

Alors, que dire et que faire? Devant la masse de sources possibles grâce aux nouveaux supports et plateformes numériques, le journaliste songe à la Grande Armée de l’empereur français. Avec cette énorme machine militaire, le souverain a mobilisé 2,5 millions d’hommes en une douzaine d’années, réussissant presque à s’emparer de l’Europe.

La particularité de la Grande Armée, c’est qu’elle était une armée de conscription et non de métier, constituée pour la plupart de paysans auxquels on apprenait le maniement des armes sur place. Et Michael Rosenblum de rêver: si les journalistes parvenaient à fédérer ces troupes et à trouver leur position au sein de ce tourbillon d’actualités et de reporters amateurs, pour le meilleur de l’information?

Le National Post souligne que la campagne promouvant les vertus du journalisme professionnel est née au Canada. Intitulée «JournalismIs », elle repose sur dix principes, comme «raconter un événement dans son intégralité» ou «surveiller les agissements des puissants». 

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