Culture

En 2014, le festival de Cannes a voulu faire plaisir à Depardieu en diffusant le film «United Passions»

Repéré par Robin Verner, mis à jour le 15.06.2015 à 18 h 39

Repéré sur AP

Depardieu a toujours le bras long dans l’Hexagone. Il a ainsi beaucoup insisté pour que le film «United Passions», consacré à l’histoire de la Fifa et dans lequel il joue Jules Rimet, puisse être diffusé à Cannes en 2014.

Gérard Depardieu et le président de la Fifa Sepp Blatter sur le tapis rouge pour la projection du film «United Passions» lors du 67e festival de Cannes , le 18 mai 2014 | REUTERS/Yves Herman

Gérard Depardieu et le président de la Fifa Sepp Blatter sur le tapis rouge pour la projection du film «United Passions» lors du 67e festival de Cannes , le 18 mai 2014 | REUTERS/Yves Herman

Gérard Depardieu a beau nourrir des relations complexes avec la France et avoir accepté en 2013 un passeport russe des mains de Vladimir Poutine, il a toujours le bras très long dans l’Hexagone, a fortiori à Cannes. Ainsi, une interview de Thierry Frémaux, le directeur du festival, à Associated Press nous apprend que l’acteur des Valseuses ou du Cyrano de Bergerac de Rappeneau a pesé de tout son poids pour que le film United Passions, consacré à l’histoire de la Fifa et dans lequel il joue Jules Rimet, qui la dirigea pendant trois décennies, puisse être diffusé à Cannes lors de l’édition 2014.

Devant la médiocrité du film, Thierry Frémaux raconte à l’agence américaine avoir été plus que rétif à l’idée d’accéder à la requête de Depardieu.

«Au début, j’ai dit: “C’est hors de question!” Parce que le film manquait de la qualité nécessaire pour figurer à Cannes, et puis on m’a dit: “Pourquoi pas le montrer en plein air, sur la plage?” Je me suis dit: “Ah, la plage? Oui, c’est le festival, c’est du football, c’est devant le grand public. D’accord.”»

«Beaucoup insisté»

Apparemment, l’acteur franco-russe a dû s’y reprendre à plusieurs fois avant de faire fléchir l’organisateur. Celui-ci raconte, elliptique:

«Je ne dis pas que j’ai dit oui pour lui faire plaisir mais disons qu’il a beaucoup insisté quand même.»

Vu l'ambiance de scandale autour de la Fédération internationale de football actuellement, le directeur prend la peine de souligner que la Fifa n'a pas payé pour que le film soit visionné à Cannes. 

Fiasco

Cette décision a en tout cas permis aux producteurs d’afficher le logo et la mention «Sélection officielle du Festival de Cannes» sur les affiches du film. Pas assez pour rameuter les spectateurs cependant. Sorti en ce mois de juin aux États-Unis, il n’a généré que 900 dollars de chiffres d’affaires (il n’était diffusé que dans dix cinémas). 

Jusqu’ici, il avait attiré seulement 180.000 dollars de recettes, la plupart des entrées ayant été effectuées en Russie. C'est peu pour une production à 30 millions d'euros, largement financée par la Fifa elle-même. En France, le film est sorti directement en DVD, ce qui est rarement bon signe.

Le film a été éreinté par la presse internationale, The Independent qualifiant l’œuvre de «risiblement horrible». Thierry Frémaux, lui, «ne trouve pas ça si mauvais. On aurait dû en faire un téléfilm». Qui est le plus méchant?

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte