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Déjà cent personnes exécutées en Arabie Saoudite en 2015

épée médiévale Soren Niedziella via Flickr CC License by

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Le 15 juin, la justice a mis à mort un Syrien pour trafic de drogue et un Saoudien pour meurtre.

Les autorités saoudiennes ont donc déjà exécuté cent personnes depuis le début de l’année 2015, raconte l’Agence France-Presse relayée par le site libanais The Daily Star. Le 15 juin, un Syrien, nommé Ismael Al-Thauwm, condamné à mort pour trafic d’amphétamines, a subi la sentence dans le nord du pays, tandis que Rami Al-Khaldi, ressortissant saoudien, a été passé par les armes dans l’ouest pour avoir tué un homme à l’arme blanche. Les deux individus ont été décapités au sabre. Ce total place d’ores et déjà le bilan des exécutions en Arabie saoudite en 2015 devant celui de l’année 2014 (durant laquelle 87 personnes avaient péri par décision de justice) mais encore –du moins pour l’instant– derrière le triste record de l’année 1995 et ses 192 mises à mort.

L’Arabie saoudite défend une application rigoriste de la Charia, la loi coranique. Comme l’explique cette tribune de Sevag Kechichian, d’Amnesty International, parue il y a quelques semaines dans Newsweek, l’État saoudien assure la communauté internationale de la précision de son cadre judiciaire et légal. Dans la monarchie du Golfe, le meurtre, le viol, la vente de drogue, le braquage à main armée et l’apostasie sont passibles de la peine de mort.

Ni preuves ni recours

Mais la concession de Sevag Kechichian n’est qu’apparente car, selon le militant associatif, l’action de la justice est beaucoup plus trouble qu’il n’y paraît. Il cite le cas de quatre frères, tués en août 2014 pour avoir «reçu du haschisch» et dont les aveux auraient été arrachés sous la torture. Les recours lancés par la famille n’ont pas été entendus. L’absence de preuve concernant un trafic de drogues a seulement poussé les magistrats à n’évoquer qu’«une réception» d’un produit illicite.

Si la justice saoudienne défraie régulièrement la chronique internationale, le pays rappelle sa souveraineté en matière politique et judiciaire. Pour l’année 2014, le régime de Riyadh s’établissait à la troisième place des États ayant mené le plus d’exécutions à leur terme, selon le classement d'Amnesty International. L’Iran, avec ses 289 mises à mort officielles, se classait deuxième, loin devant l’Arabie saoudite. En tête, la Chine reste discrète sur le sujet. La comptabilisation du nombre de peines de mort conduites par la justice locale est difficile car la Chine tient les chiffres secrets.

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